Mashhad Nights : retour sur le site primé au festival de Cannes 2022

Le festival de Cannes est une cérémonie phare rassemblant les cinéastes internationaux. Il se déroule en France au mois de mai. C’est au cours de cette réunion internationale que plusieurs réalisations de films sont primées. Cette année, le film «Les Nuits de Mashhad» a remporté le premier prix suite aux projections. Quels sont les informations et enseignements majeurs sur le film primé au festival Cannes 2022 ?

Quel est le programme cinématographique du film « Les Nuits de Mashhad » ?

Plusieurs récompenses ont été décernées aux meilleurs scénaristes lors de la 75ème édition du festival de Cannes. Au nombre de celles-ci, il est à noter le prix de la meilleure prestation féminine. En effet, c’est la professionnelle du 7ème art Zar Amir Ebrahimi, l’actrice iranienne de Mashhad Nights, qui est repartie avec cette prestigieuse reconnaissance. Ceci a été possible grâce à son rôle d’interprétation dans le film «Les Nuits de Mashhad» mettant en scène la mise à mort des prostituées. Il révèle une pratique qui vise, sous le prétexte d’une norme religieuse, à exterminer les prostituées. Il s’agit d’un fait social qui met en lutte depuis longtemps les responsables religieux et politiques.

Il est à savoir que tous les films ayant reçu un prix au festival, sont programmés pour une diffusion au cinéma. Pour ce qui est du film lauréat, «Les Nuits de Mashhad», le long-métrage est prévu pour le 13 juillet 2022. Il s’agit évidemment du premier passage en cinéma. Les autres primés sont prévus pour les mois de Septembre, Novembre et Décembre. C’est le cas du film «Des étoiles à midi» prévu pour le 1er novembre. Une autre production, «Les huit montagnes» passera au cinéma le 26 octobre prochain.

Les nuits de Mashhad : d’où viennent-elles ?

De nature politico-religieuse, la réalisation d’Ali Abbasi reste inspirée d’un fait réel datant de plus de 20 ans. Le film «Les Nuits de Mashhad» détaille une situation réelle dans laquelle 16 prostituées ont été assassinées. Interpelé, le coupable avance qu’il cherchait à éradiquer la prostitution au sein de Mashhad qui est une ville sainte. Par ailleurs, dans cette ville musulmane, les pratiques comme la prostitution sont proscrites. Les autorités de la cité prévoient des sanctions vis-à-vis des personnes reconnues fautives.

Dans le film, le criminel au surnom de l’Araignée, se donne une mission : celle d’éliminer la bande de Jolie Bobine qui profane Mashhad. Par ailleurs, dans cette ville, certaines vices sont flagrants, outre la prostitution. Il s’agit de :

  • proxénétisme ;
  • la débauche ;
  • l’usage et le commerce de drogue.

L’Araignée était aussi décidée à mettre fin à l’existence de toutes les femmes qui participaient à ces activités réprimées. Pour parvenir à ses objectifs, l’assassin adopte un comportement bien précis. Cette posture le mettait à chaque fois hors des portée des mailles de la police.

Quelle est la technique fascinante du tueur de prostituées ?

Le comportement de l’Araignée peut être résumé en trois points, à savoir :

  • usage de moto et provocation ;
  • mis à mort par étranglement ;
  • appel à la revendication.

Premièrement, il sort de sa maison avec sa moto et fait le tour de la ville. Il arpente surtout les points où résident les prostituées, les droguées. Par sa ruse, il finit toujours par convaincre des femmes qui le suivent. Une fois chez lui, il exerce de la violence et étrangle l’intéressée. Avant de faire l’appel pour revendiquer l’acte, le corps sans vie est délaissé au bord de la voie. La revendication du crime est toujours annoncée à un journaliste qu’il joint lui-même au téléphone.

Cette technique l’oblige à mener une double vie. Dans la journée en effet, l’assassin doit se comporter comme un bon père de famille. Il doit toujours être là pour les besoins de sa famille, c’est-à-dire, sa femme et ses enfants. Toutefois, quand vient la nuit, il se transforme en un inconnu, un être antisocial. Cette double vie prospère normalement jusqu’au jour où il est arrêté par un journaliste pour répondre de ses actes.

Agacée par l’insouciance de la police face à ce féminicide, une journaliste de Téhéran parvient, à la tête d’une bande, à le capturer. Au vu de ses multitudes assassinats, quelle sera la fin de ce fameux tueur ?

Comment le criminel bifacial va-t-il terminer son aventure dans le film ?

À la fin de la première partie du film, le criminel est capturé et traîné devant la justice iranienne. Devant celle-ci, il plaide son cas en prétendant avoir agi dans le cadre des règles de la religion musulmane. Sa revendication est qu’il agit pour protéger sa croyance selon laquelle la prostitution est une pratique à bannir de la société. Il fonde son raisonnement sur l’amour de sa société et reçoit un fort soutien de la population. Les foules considèrent les assassinats comme des sacrifices dignes à faire et ne reprochent aucun faits au tueur.

Dans un dilemme total, la justice fait face à une perplexité juridique. Doit-on qualifier les meurtres et leur infliger la condamnation légale ?

Toutefois, la justice prononce la sentence qui doit être la condamnation. L’araignée doit purger une peine capitale. Malgré tout, la question qui se pose est de savoir si cette peine doit être effective ou non. «Doit-il avoir exécution ou l’assassin doit-il retrouver sa liberté de façon truquée ?» Ainsi s’interroge le réalisateur. Ce questionnement trouve sa source dans la fragilité des décisions prises par la justice en Iran.

Qu’est ce qui explique cette dépravation chez les femmes de Mashhad ?

Bien que la ville de Mashhad soit une ville sainte, les débauches y sont innombrables. Ceci s’explique par des raisons qui s’enracinent dans le vécu quotidien. À Mashhad, s’adonner à la prostitution n’est pas un choix volontaire, mais une contrainte pour la gente féminine. Il est vrai que les actrices de cette activité se disent déshonorées. Néanmoins, compte tenu de leur situation de vie, elles y sont obligées. Elles doivent subvenir aux besoins vitaux quotidiens. Toutefois, en le faisant, elles s’exposent aux injures et à l’hypocrisie de la société. En effet, parmi leurs accusateurs se trouvent des clients car le sexe est une dépravation courante dans la ville de Mashhad.

La réalisation d’Ali Abbasi et de Zar constituent un puissant message aux diverses autorités politico-religieuses. Elles doivent à présent chercher des mesures idoines pour en finir avec la prostitution. Tant que la gente féminine sera impliquée dans cette pratique, elle ne sera pas respectée. La femme reste en effet le socle de la reproduction humaine et d’elle, viennent les premiers enseignements de l’éducation.

Posts created 382

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut