Loach, un nom qui sonne familier dans le cinéma britannique. Pour son premier film, Jim Loach, le fils du connu et reconnu Ken Loach, a souhaité aborder l’histoire vraie et poignante de Margaret Humphreys, assistante sociale à Nottingham dans les années 80. On suit le combat d’une femme qui s’engage corps et âme pour réunir des familles déchirées par la déportation de plus d’un million d’enfants britanniques vers l’Australie, entre 1930 et 1970. C’est entre la Grand-Bretagne et l’Australie que Margaret Humphreys mène son combat. Elle rencontre ces enfants devenus adultes, rend ce scandale public et passe outre les menaces dont elle est victime. Jim Loach nous éclaire sur une zone d’ombre de l’histoire de la Grande-Bretagne où une question reste en suspend : pourquoi avoir déporté ces enfants de l’assistance publique britannique vers l’Australie ?
Dès leur arrivée au pays, où on leur avait promis «des oranges et du soleil», frères et soeurs étaient séparés et chacun étaient forcés de travailler. Aujourd’hui, le film de Jim Loach retrace le début du combat de Margaret Humphreys, à l’écoute de témoignages douloureux. Un récit touchant, amené par un jeu d’acteur sincère. Pas de grande surprise sur la performance d’Emily Watson − que l’on retrouvera dans «Cheval de guerre», le prochain film de Steven Spielberg − qui nous avait déjà séduite dans «Punch-Drunk Love - Ivre d’amour» aux côtés d’Adam Sandler, en 2003. Mieux vaut tard que jamais, il aura fallu vingt-trois longues années au gouvernement britannique pour donner des excuses publiques à ces familles séparées et à ces enfants déportés.