Basée sur des faits réels, la cynique histoire de William Burke et William Hare est tournée en dérision par John Landis dans Burke and Hare, une comédie à l’humour noir irrésistible.
Le film Burke and Hare présenté au Cinéma Britannique de Nantes, est basé sur un fait divers surprenant qui s’est déroulé en Ecosse au XIXème siècle. Deux hommes sans scrupules ont fait fortune en vendant des cadavres frais à une faculté de médecine de la ville, qui utilisait ces corps dans les cours pratiques dispensés aux étudiant, à des fins pédagogiques. L’humour décalé de la comédie repose bien entendu sur le cynisme de la situation, cynisme détourné par une mise en scène grotesque et décalée. Les deux « commerçants » prêtent à rire par leur excentricité et leurs idées extravagantes, tandis que leur compère féminine semble tout droit sortie de l’œuvre de Rabelais : aimant la bouteille et la nourriture, dont elle engloutit, de manière peu ragoûtante, des quantités invraisemblables, elle apporte au duo une touche féminine hilarante, bien loin de l’image sentimentale et raffinée généralement associée au genre.
Burke and Hare joue avec la mort. Il la caricature, la ridiculise. Il la dédramatise. Au-delà du rire, la comédie propose une véritable réflexion sur la faucheuse tant redoutée. John Landis prend le contre-pied d’une angoisse taboue pour en faire un sujet de dérision. Par ailleurs, il soulève la problématique, encore actuelle, de l’utilisation, à des fins médicales, de cadavres d’êtres vivants. Sans oublier la dimension économique de ces trafics de cadavres, moteur du film et thème central de réflexion, dont Burke et Hare eux-mêmes soulignent les enjeux. À la manière de Rabelais, et puisque « rire est le propre de l’homme », Landis a pris le parti du divertissement instructif : derrière le rire se cache « la substantifique moelle » de la pensée et de la réflexion. Burke and Hare est une comédie grinçante originale, l’inédite illustration d’un rapport à la mort cynique, humoristique et mercantile.