Couverture de la misère en milieu étudiant Mustapha Khayati edition de 1967
De la misère en milieu étudiant
Pamphlet virulent écrit par Mustapha Khayati et édité par les étudiants de Strasbourg en Octobre 1966, cette brochure de 32 pages caustique et incisive a fait le tour du monde, diffusant les idées situationnistes au gré des traductions. Tirée dans un permier temps à 10 000, puis, face à son succès, à 20 000 exemplaires, on estime qu’avec le volume des traductions la brochure est passée plus de 300 000 fois sous les rotatives.
De l’infantilisation des étudiants à la mainmise de la société marchande sur toutes les composantes de la vie, elle peint le tableau d’une société figée et rétrograde. En dénonçant violemment les idéologies de tout bord, elle crache tour à tour sur les relents de “l’université libérale bourgeoise”, le culte de “ la charogne puante de Dieu” et les produits de la société moderne, “au même titre que Godard et Coca-Cola”.
À travers elle, les situationnistes furent véritablement les premiers à anticiper la révolte de mai 68 tout en y étant partie prenante.
La société du spectacle
En 1967, Guy Debord publie “La Société du spectacle”, et accompli une critique théorique et pratique du système capitaliste. Il différencie le capitalisme moderne, qui fonctionne comme “spectaculaire diffus” et latent, souvent sous forme de publicités omniprésentes, de l’ancien bloc soviétique, caractérisé par le “spectaculaire concentré”, incarné par la propagande.
“La Société du spectacle”, qui fixe l’apport personnel de Guy Debord au situationnisme, est l’opération critique du monde dans sa totalité à travers la dénonciation du fétichisme de la marchandise et du spectacle dans la société moderne, où le statut de marchandise n’est plus une réalité mais avant tout un spectacle. La notion de “spectacle”, déjà utilisée par Marx, serait avant tout l’appareil de propagande du pouvoir, mais aussi un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images.
Ce livre est fondamental pour comprendre les contradictions de la “société de consommation”, où l’acte de consommation symbolique l’emporte sur l’acte productif.
Traité de savoir vivre à l'usage des jeunes générations
Juste après la publication de “La société du spectacle” par Guy Debord, Raoul Vaneigem publie un des ouvrages phares des Situationnistes. Le “Traité de savoir vivre” s’attache à critiquer la société de consommation sous l’angle de la “dictature du quantitatif”. “La dictature de l’échange quantifié, note-t-il, colonise la vie quotidienne et la transforme en marché”.
Audacieux mélange des théories de Nietzsche, Bakounine, ou encore Marx, la thèse de Vaneigem critique ardemment ce qu’il appelle “l’organisation des apparences”, et accuse la culture et l’art, dont les créations sont transformées en marchandise, de favoriser dans la vie quotidienne les phénomènes d’identification, les “stéréotypes”, et les “rôles” joués par chacun d’entre nous. Selon lui la vie quotidienne serait réduite à une “survie”, une vie réduite aux impératifs économiques et au consommable.
À cette dictature du “quantitatif”, Vaneigem oppose le “qualitatif”, dont la créativité, la spontanéité et la poésie composent les bases du projet révolutionnaire, voué à créer une société de “maîtres sans esclaves”.
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| | Cyril Bérard | | Nantes, France |
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