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FRANCE | Guerrilla off-switching

12/04/08 | Fabien Mollon

Interview de « Dali », fondateur du Clan du néon. Ces joyeux activistes font des virées dans les rues de Paris pour éteindre les enseignes inutilement allumées.


Troy
Dijon France

Comment est né le projet du Clan du néon ?

Dali : L’idée existe depuis longtemps. Il y a trois, quatre ans, on a repéré le mécanisme : on peut éteindre un néon simplement en appuyant sur un bouton. A ce moment-là, nous étions trois amis : nous avons un peu voyagé, chacun de notre côté, puis on s’est retrouvé, à Paris. Face à la montée de la publicité et aux problèmes d’environnement, on a mis en ligne un blog en juillet 2007, avec une première expédition filmée, pour montrer aux gens un moyen simple de dire non au matraquage commercial.

Depuis, on fait de nouvelles recrues. Des gens s’y mettent, d’autres clans se forment, on a reçu des vidéos de nombreuses villes de France, qu’on a également mis en ligne. Ce n’est pas le Clan du néon, tout seul, qui va créer un mouvement. Le blog a une vocation pédagogique, et pour objectif de créer un mouvement national, voire européen.

Quel message voulez-vous transmettre à travers votre action ?

Dali : Le fond du message, c’est une réaction contre la pollution visuelle publicitaire. Il existe plein d’autres combats de ce genre : les casseurs de pubs, les anti-4x4... Là on a trouvé une niche inutilisée. Il s’agit de mettre fin aux messages commerciaux pour laisser place à un éclairage public étudié, conçu pour être harmonieux.

Il y a aussi un message écolo. On a fait un calcul sur un coin de table : la facture annuelle liée à un néon représente quelques centaines d’euros, multipliez par les milliers de commerces laissant ces enseignes allumées, et on obtient des centaines de milliers d’euros gaspillés, sans parler de l’impact écologique. Donc le message c’est : éteignez la lumière quand vous sortez de votre boutique. Et l’objectif : un espace urbain plus harmonieux, pas harcelé de messages publicitaires qui, finalement, sont une sorte d’agression.

On espère une législation plus forte. D’ailleurs, la mairie de Paris se pose des questions sur la consommation des éclairages publics. Mais tant qu’il n’y aucune éthique des entreprises, et que les pouvoirs publics ne prennent pas leurs responsabilités, on essaiera de montrer l’exemple.

Comment se déroulent vos expéditions nocturnes ?

Dali : On se retrouve chez l’un d’entre nous, puis on choisit un endroit où il y a un potentiel, une rue commerçante où il faut agir. On fait toute la rue en éteignant le maximum de néons possibles. On est déguisé, avec perruques de clown et baudrier fluo : au début, c’était surtout pour ne pas être reconnus, mais ça participe aussi au côté exploit, performance, tout comme le choix de ne pas prendre d’échelle.

Avez-vous des cibles particulières ?

Dali : On trie. On ne va pas s’attaquer à l’enseigne d’un commerce ouvert, un bar par exemple. Ni à un distributeur de billets. On ne s’attaque pas trop non plus au secteur public, où il existe une certaine éthique : La Poste, par exemple, fait des efforts. Mais quand un magasin met une enseigne lumineuse gigantesque alors que tout est fermé, alors on considère qu’il y a un abus, et nous agissons.

Avez-vous déjà eu des problèmes avec les autorités ou les habitants ?

Dali : On n’a jamais eu aucun problème avec les forces de l’ordre. On croise souvent des gens qui trouvent ça très bien, certains nous ont même demandé qu’on leur montre comment faire. Et jamais un commentaire négatif sur le blog.

Le blog du Clan du néon : http://clanduneon.over-blog.com

Fabien Mollon
Strasbourg, France


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