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ITALIE | Berlusconi pour un nouveau sacre

13/04/08 | Luca Moniti

Le Cavaliere sort grand vainqueur des élections législatives italiennes du lundi 14 avril. Silvio Berlusconi obtient une large majorité au Sénat et à la chambre des députés.

Silvio Berlusconi a retrouvé son trône, perdu en 2006 de justesse face à Romano Prodi
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La "Maison des Libertés", large coalition de droite dirigée par Berlusconi, remporte les élections du lundi 14 avril avec plus de 45% des voix au Sénat soit 164 sièges sur 315. Le centre gauche de Walter Vetroni, l'ex-maire de Rome obtient 40% des voix toujours au Sénat. La droite est également sorti en tête à la chambre des députés avec plus de 8 points d'avance sur la gauche. Le contrôle de ces deux chambres est nécessaire pour gouverner.

Silvio Berlusconi a accédé pour la première fois au pouvoir en Italie en 1994. Son deuxième mandat, initié en 2001, a été entaché de plusieurs soubresauts, parmi lesquels le G8 de Gênes. Aujourd'hui les italiens refont confiance au Cavaliere, qui s'installe au Palazzo Cighi pour la troisième fois. C'est la deuxième fois en deux ans que les italiens se rendent aux urnes pour des élections législatives. Ce suffrage anticipé est le résultat de la chute du gouvernement Prodi, fin janvier 2008.

Des anti-européens au gouvernement
Silvio Berlusconi, désormais historique leader de la droite italienne, reprend le pouvoir sur la base des mêmes arguments populistes et vindicatifs qui ont fait son heure de gloire par le passé, drainant derrière lui Gianfranco Fini (Alliance Nationale) et Umberto Bossi (Lega Nord). Des alliés historiques desquels il ne saurait se dissocier, pour des raisons essentiellement électorales, mais également idéologiques: chasse aux immigrés, diabolisation de la gauche "communiste" et phobie de l'insécurité. La Cavaliere a également largement contribué à simplifier le langage politique, avec des promesses de relance de la croissance et d'annihilation de la criminalité. À noter parmi les résultats de ces élections, ceux de la Ligue du nord (parti régionaliste et xénophobe), qui réalise un score important avec plus de 8% des voix au Sénat, soit deux fois plus que son score de 2006, grâce à une campagne largement basée sur une politique anti-immigration et anti-européenne.

Les raisons d'une défaite annoncée
Le récent Parti Démocrate, coalition de Walter Veltroni, héritier de Romano Prodi, est donc largement battu. Parmi les raisons de cette lourde défaite, la perte de confiance de l'électorat de gauche suite à la cafouilleuse gouvernance de Romano Prodi, qui avait été élu de justesse en 2006 face au même adversaire. Mais aussi les incohérences accumulées au sein même du parti entre les démocrates chrétiens membres de la gauche élargie et les militants d'une gauche plus radicale, qui se dissocient souvent sur les sujets de fond, comme ce fût le cas sur le Dico (PACS). La nouvelle gauche "arc-en-ciel", (communistes et Verts), essuie un échec cinglant. Elle ne recueille que 3% des voix au Sénat, contre plus de 11% en 2006. Une défaite sans doute liée à leur campagne trop sévère à l'encontre du gouvernement Prodi.

Vague anti-politique
Les indécis sont 3% de plus qu'en 2006. Beaucoup d'italiens semblent avoir été déçus aussi bien par la politique menée par Silvio Berlusconi lors de ses deux premiers mandats que par la dernière gouvernance de Romano Prodi. De plus, la campagne lancée par Beppe Grillo, accompagnée par la récente sortie du livre "La Caste, et ainsi les politiques sont devenus intouchables" contre les abus de pouvoir des politiques italiens ont contribué au marasme populaire. Et à corroborer un certain anti-politisme ambiant.

Luca Moniti
Savona, Italie



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