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FRANCE | "Beaucoup d'artistes ont émergé grâce à MySpace"

07/04/08 | Aline Le Hir

"Fuck That World" est un projet qui a commencé comme une blague (d’où son nom). Un gros buzz dans la blogosphère et le voilà, 7 mois plus tard, organisateur de soirées électro et netlabel. Rencontre avec Anthony, le créateur de cette structure dans le vent, basée à Angers.

(copyright) Fuck That World, nouveau netlabel sur la blogosphère et organisateur de soirées electro à Angers (49)

Comment a démarré l’aventure Fuck That World ?
J’ai crée un site en août 2007, il est à la base de tout. Je voulais qu’il ait une portée collective. Je parlais de tout ce qui me plaisait. De la musique donc, à tendance électro, du graphisme, et même de la mode. Il a démarré assez rapidement car on a fait pas mal de com’ via MySpace. L’intérêt d’être en collectif nous permettait d’envisager l’organisation de soirées sur Angers pour se faire plaisir, histoire d’apporter notre touche dans la vie nocturne angevine, parfois un peu molle à notre goût. Au bout d’un mois d’existence, le label Kitsuné nous a contacté. J’ai aussi eu l’opportunité de couvrir le festival Scopitone. J’ai obtenu dans la foulée un partenariat avec le festival Electronica à Rennes. Nous avons pu mettre en ligne des compilations de ce festival à gagner. Tout s’est enchaîné très vite. L’audience a grimpé, des groupes nous ont spontanément envoyé leurs sons. À coté de ça, nous avons commencé à organiser des soirées localement. L’idée de base était de proposer un autre son que de la minimale ou ce que la scène angevine proposait. Mais faire déplacer les angevins pour une soirée DJ set était un peu risqué. Il fallait trouver un concept. L’Ipod Battle n’était pas connu à Angers. C’est un concept inventé par TTC, quand l’I-pod est sorti. Ces soirées ont été un bon outil de promotion du site. De cette façon, FTW a pu être connu sur Angers et nous avons pu envisager d’organiser des soirées d’un autre type. Nous sommes devenus résidents d’un bar, ou nous organisons pas mal de soirées.

Comment est venue l’idée d’un netlabel ?
Il se trouve que le DJ Young P 3018 était à la base du projet, j’étais aussi en contact avec plusieurs artistes de la scène électro, tels que MDMX et I’m Fresh You’re Pretty. Le site étant en contact avec d’autres blogs musicaux, il a paru naturel de les promouvoir via le web 2.0.

Quelle est ta vision du web 2.0 ?
Dans la première ère du web, on allait simplement chercher l’information, mais on n’était pas acteurs. Maintenant, c’est devenu interactif, on peut laisser des commentaires sur les sites, on a la possibilité de faire entendre sa voix. Depuis le web 2.0, l’industrie du disque est en train de mourir. Un exemple parlant ? Radiohead ! Ils ont quitté leur label et ont choisi de diffuser leur dernier album gratuitement sur des blogs musicaux, puis ils l’ont mis en ligne et les fans donnaient ce qu’ils voulaient. Ils se sont fait plus d’argent qu’en restant sur leur ancien label. Le buzz a été énorme. D’autres artistes ont suivi cette idée, ils ont compris qu’Internet était une autre forme de promotion et de diffusion qui marche. MySpace joue un grand rôle dans cette évolution, énormément d’artistes ont émergé grâce à cette structure. Prenons l’exemple de Yelle, elle a fait un morceau qui se moque de Cuizinier (membre de TTC), en deux jours elle a eu un taux d’écoute record sur sa page, et elle a fini par signer sur un label. C’est toutes les utilisations des réseaux sociaux tels que les pages MySpace, Facebook et autres blogs. On envoie gratuitement des mp3 à ces derniers. Si ça leur plaît, ils nous diffusent.

Avez-vous rencontré des difficultés ?
Pas de difficultés mais nous avons dû passer au statut associatif, car il est impossible d’organiser des soirées sans assise juridique. Ca nous a permis de valider le fait que nous sommes un collectif, qu’on puisse organiser des soirées pendant lesquelles on fait la promotion des artistes qui nous tiennent à cœur. Notre première étape sera une compilation digitale que nous enverrons à tous les blogs musicaux, aux personnes influentes et à la presse spécialisée. Le but de FTW n’est pas tant que nos artistes signent avec des maisons de disque et nous rapportent des sous, mais surtout de repérer des artistes qui débutent réellement et leur filer un petit coup de pouce.

Quelles sont les ambitions de FTW ?
Pour la partie netlabel, nous faisons la promotion d'artistes qui ont du talent.

Tu n’as pas envie d’aller plus loin, de devenir un jour producteur ?
Si, pourquoi pas!! Mais à moyen terme, le but est surtout d’organiser une soirée, suivie d’une tournée. Si les choses prennent de l'ampleur, effectivement, on réfléchira à une évolution. Si on vient à faire des choses plus commerciales, on passera en SARL ou en entreprise indépendante. Et à ce moment là, on ne sera plus un netlabel mais un label, mais on passera toujours par le net, par des plateformes tels que Beatport ou I-Tune Store. Mais le but premier est vraiment de diffuser des artistes débutants, ce n’est pas l’aspect financier qui m’a motivé. Après, si ça viens, tant mieux !

Aline Le Hir
Angers, France



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