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Les voitures qui circulent devant la gare de Hambourg ont l’air d’un collier de perles. Au feu rouge, la longue file de voitures s’amasse sur la route à 4 voies jusqu’au prochain carrefour. La température avoisine 0°C et veille à ce que chaque nuage de gaz d’échappement soit visible. Nous sommes un samedi après-midi de mi-février. Je me demande si on peut encore aujourd’hui observer cette même scène à Hanovre, Cologne ou Berlin. Leurs centres-villes ont été déclarés « zones vertes » et sont interdites aux voitures à forte émission de substances polluantes. Huit autres villes suivent l’exemple. Ces zones devraient contribuer à respecter le seuil de pollution admis par l’Union Européenne. Cinquante microgrammes de particules poussiéreuses par mètre cube d’air sont autorisés. Au maximum, cette limite peut être dépassée 35 jours par an. Mais en réalité, peu de villes y parviennent. A Berlin, il existe aujourd’hui une zone verte de 88 km2. Chaque véhicule est défini selon ses émissions par une vignette de couleur. En fonction de la catégorie de substances polluantes, ces autocollants sont verts, jaunes ou rouges. Le vert désigne, lui, les voitures écologiques. Celui qui franchit la zone sans vignette sur son pare-brise risque une amende de 40€ et un point en moins à la centrale de la circulation à Flensbourg (le retrait du permis s’effectue suite à l’accumulation de 18 points). Débat dans les médias et la société Mais ces innovations ne rencontrent pas partout un franc succès. Dans les médias, cela fait longtemps qu’il est question de « panique de la vignette » et d’« hystérie de la particule poussiéreuse ». On cite des experts qui jugent les zones vertes inefficaces. Cependant, on est tous bien d’accord sur un point : l’introduction des zones vertes coûte cher à beaucoup d’Allemands. Le ministère de l’Environnement estime à 8,4 millions le nombre de véhicules qui n’obtiendront pas leur vignette sans l’installation d’un filtre à gaz d’échappement. Et pour la plupart d’entre eux, un tel investissement n’en vaut pas la peine. Leurs propriétaires ont deux options : acheter une nouvelle voiture ou éviter le centre. Parmi les gens qui exercent une activité dans une entreprise au coeur de la zone, nombreux sont ceux qui craignent pour leur existence. Jusqu’à présent, il n’existe que peu d’exceptions à la vignette obligatoire, parmi elles les véhicules de police et pompiers et les transports handicapés. Il reste à espérer que ce changement ait à long terme des répercussions positives sur la santé des riverains. L’Organisation Mondiale de la Santé affirme que, par an, près de 70 000 personnes meurent prématurément de maladies des voies respiratoires ou maladies cardio-vasculaires, dues à la surémission de particules polluantes.
Traduit par Gaëlle Cousin
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