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BELGIQUE | Enfin un Premier ministre pour la Belgique

21/03/08 | Marie Deblonde

Yves Leterme a été intronisé Premier ministre de la Belgique par le roi jeudi 20 mars. Retour sur la crise institutionnelle qui secoue la Belgique depuis près de neuf mois.

Le parlement belge, Bruxelles

10 juin 2007: les élections parlementaires au Plat pays débouchent sur une première coalition, l’orange bleue. Celle-ci entame dès juillet des négociations afin de définir le programme du nouveau gouvernement et de former ce dernier. Mais les pourparlers ne se passent pas sans heurt.

S’opposent à Yves Leterme (CD&V), alias « Monsieur 800 000 voix », grand gagnant des élections et à son partenaire de cartel Bart de Wever (NVA) surnommé « le boutefeu de la Belgique » par le Monde, le libéral Didier Reynders et la centriste Joëlle Milquet, ou « Madame NON » vu son ardent refus à la Réforme de l’Etat exigée par les partis flamands. Leurs débats houleux ont créé une politique du tourner en rond et la démission à deux reprises du formateur Leterme.Ce climat de tension permanent plonge la Belgique dans une crise institutionnelle.

Neuf mois de crise institutionnelle

L'un des principaux points d'achoppement est l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV). Les Flamands réclament la scission de cet arrondissement. Une partie resterait bilingue et rattachée à Bruxelles, l'autre serait rattachée à Louvain. Ils mettent en avant le droit du sol car Hal-Vilvorde est en territoire flamand. Les francophones refusent car les habitants n'auraient plus accès aux services en français. 120 000 francophones habitent ce quartier. Après de longues et difficiles négociations entre francophones et néerlandophones, la scission de l’arrondissement électoral BHV est votée le 7 novembre unilatéralement par les parlementaires du nord de la frontière linguistique contre l’avis des francophones. Le vote des députés flamands qui ont usé pour la première fois de leur majorité numéraire pour imposer leur décision provoque un tollé général au sud du pays. Le pays s'enfonce dans la crise car ce vote pourrait être le premier pas vers une scission de la Belgique.

Ensuite, le gouvernement intérimaire, « la pentapartite », composé de l’orange-bleue, du PS et du VLD (libéraux flamands) dirigé par le libéral Guy Verhofstadt, ancien Premier ministre, reprend les rênes du gouvernement en décembre dernier pour régler les affaires courantes. Le gouvernement Verhofstadt III termine sa mission en février, à savoir boucler le budget de l’année 2008, la première partie de la Note gouvernementale.

Les points qui fâchent remis à plus tard

Après 21 heures de négociations entre samedi 15 mars et mardi 18 mars, la pentapartite - probable futur gouvernement - a conclu un accord gouvernemental d’une quarantaine de pages à deux jours du début de Leterme I. Vu les délais, les points qui fâchent sont reportés à plus tard.

Le nouveau gouvernement peut donc entrer en fonction mais il reste de longues heures de négociations pour crever l’abcès qui enfle. En effet, les élus flamands veulent « plus d'autonomie fiscale et des compétences élargies en matière d'emploi, de santé, de justice et de politique familiale ». Dans le cas contraire, le gouvernement flamand menace de « rompre ses engagements », a déclaré début février le Ministre-président du gouvernement flamand Kris Peeters. Le flamingant Bart de Wever (NVA) a même déclaré que « la Belgique a existé mais n’existe plus ». Le risque de nouvelles élections dès juin 2009 n’est pas exclu.

Marie Deblonde
Brussels, Belgique



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