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Dépassant les grilles de l’entrée, un petit cap de terre plate d’environ 800 mètres de long s’étale devant nous. À droite le lac Baïkal, à gauche quatre ou cinq entrepôts rouillés. Droit devant une grande grue sans âge, et encore un peu plus loin, un vieux bateau sur cales tourne le dos au lac. L’endroit est parfait, contre une poignée de roubles que nous remettons au gardien, nous pouvons planter nos tentes en toute sécurité pour bivouaquer ici quelques jours. Nous apprendrons plus tard qu’il s’appelle Ramatula, qu’il est Ouzbek, et que pour arrondir ses fins de mois de gardien d’usine désaffectée, il fait payer au gens du coin l’entrée sur le site (donc l’accès à la plage), quelques roubles la journée. Plus tard encore nous irons dans sa chambre/bureau au coin du feu, entre les mites. Il nous montrera son impact de balle sur le torse et les photos de sa famille restée au pays. Loin des images de nature sauvage et de “perle de la Sibérie”, nous avons vécu le lac Baïkal au rythme des gens qui passaient entre nos tentes, l’eau et l’épave. De ces rencontres russes, il reste quelques clichés noyés au milieu de plusieurs dizaines concernant un reportage en Mongolie. Du poisson séché, de la vodka qui fait mal au yeux, un lieu magique suspendu entre deux époques, et l’hospitalité d’une famille bouriate ivre et belle qui s’éloigne entassée dans une Traban rouge.
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