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Nantes, France

BOSNIE-HERZEGOVINE | Le volley comme dans un fauteuil

09/03/08 | Alen Tabakovic

La Bosnie-Herzégovine rafle tous les championnats de volley handisport. Triste gloire pour une génération qui garde les séquelles physiques des années de guerre.


Troy
Dijon France
Le volley handisport remplit les vitrines de coupes et de médailles internationales en Bosnie. Dans le pays, les joueurs de l'équipe nationale sont des héros. Leur palmarès est impressionnant pour des amateurs. Depuis Tallin en 1997, ils n'ont pas manqué un seul tournoi européen, mondial ou paralympique. Et sont à chaque fois rentrés au pays la médaille autour du cou : une de bronze et cinq d'or aux championnats continentaux, une de bronze et deux d'or aux championnats du monde, une médaille d'argent et une d'or aux jeux paralympiques. « On est numéro un mondial, tout le monde veut nous battre », vante Sabahudin Delalić, capitaine de l'équipe. Le volley handisport en deux mots : même principe que le volley classique, sauf que les joueurs sont assis dans un fauteuil roulant. Et à ce jeu-là, l'équipe de Sabahudin Delalić surclasse tout le monde. Triste gloire pour un pays et une génération ravagés par trois ans de conflit sanglant. Cinq des six joueurs bosniaques sont des blessés de guerre.

Héros d'un pays blessé

C'est le cas de Safet Alibašić, 36 ans. Le 5 décembre 1992, une mine lui arrache la jambe gauche à Sarajevo. Il avait 20 ans. Tout a changé dans sa vie. Mais il savait que sa survie passerait par le sport. Il rejoint l'équipe de volley en chaise roulante et s'entraîne dur, un moyen de se rééduquer et de se reconstruire psychologiquement. Très vite, il remporte la médaille d'or aux championnats d'Europe en 2001, est élu meilleur espoir au Brésil la même année, et meilleur joueur des Championnats européens en 2006 aux Pays-Bas. Safet Alibašić croise souvent d'autres blessés de guerre en Bosnie, ils sont des centaines. Quand il le peut, le champion les invite à faire du sport, un moyen d'éviter la dépression et l'enfermement, selon le joueur : « Juste après mon accident, je n'aurais jamais imaginé traverser autant de pays et lier autant d'amitiés à travers le monde. »

Alen Tabakovic
Sarajevo, Bosnie-Herzégovine



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