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ALLEMAGNE | La meilleure façon de prendre la porte

09/03/08 | Matthias Sander

C’est l’histoire d’un jeune talent allemand éjecté d’une grande major, et qui a su rebondir. Aujourd’hui, Hannes Orange a la satisfaction de gérer son propre label, même s’il n’en vit pas


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Hannes Stein, chanteur et guitariste allemand connu sous le nom de Hannes Orange, s’apprête à sortir son troisième album. Sous son propre label, Yeah!-Records. Pourtant, en 2001, c’est bien avec la major BMG qu’il avait signé son premier contrat, à l’âge de 21 ans. C’était encore la belle époque pour l’industrie du disque, les maisons d'éditions couraient après les nouvelles stars. BMG a investi des centaines de milliers d'euros pour Hannes et son groupe de rock indépendant, sans qu'ils n’aient jamais sorti un album.

Le retard a été rattrapé en 2003, avec l’album Komm mit (« Viens avec moi »). Mais contrairement à ce que BMG avait pressenti, ce premier opus ne se vend pas très bien. Résultat ? « Ils m'ont mis à la porte », sourit Hannes. Cinq ans plus tard, le musicien n'en veut pas à BMG. « Je leur suis même reconnaissant », dit-il. Car, contrat oblige, le musicien a pu mettre des économies de côté. « Cet argent m'a permis de vivre pendant deux ans et d'acheter beaucoup de matos. »

Mais surtout de quoi fonder son propre label. De Berlin, où il avait commencé des études de médecine, il retourne à Stuttgart, sa ville natale. Hannes s’y consacre à la réalisation de clips vidéo et à son mémoire, Fondation d'un label. Première pierre de sa maison d'édition, Yeah!-Records, créée en 2005.

600 ventes par album

Au départ, Yeah-Records, était destiné à sortir le deuxième album de Hannes Orange, Am Ende des Tages. Mais, très vite, le label sort deux disques de groupes amis. L’un deux, Hitboutique, s’est spécialisé dans des reprises façon bossa nova de tubes internationaux. Pour mener à bien le projet, Hannes a dû demander les droits de reproduction de toutes ces chansons aux titulaires des droits. « Six mois pendu au téléphone. De 20 chansons, il nous en est resté dix. Metallica, par exemple, a malheureusement refusé. » S’occuper d’un label, c’est aussi abattre un travail moins spectaculaire, mais tout aussi essentiel : « Il faut faire de la promo. Passer des coups de fils et envoyer des disques gratuits aux médias. »

Mais, avec pour chaque album une vente de 600 unités en moyenne, Yeah!-Records reste pour Hannes un « hobby de luxe ». Pour gagner sa vie, il se produit en tant que DJ, tient un magasin online de t-shirts et possède une boîte de production de films avec des amis. Un vrai self-made-man donc.

 

Néanmoins, pour la sortie de son troisième album, prévu pour la fin de l'année, Hannes veut confier la promotion à une agence : « Ce n'est pas sain de tout faire soi-même, des enregistrements à la promo.»

Matthias Sander
Stuttgart, Allemagne



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