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Le froid entre la Pologne et la Russie a été digéré », a déclaré Donald Tusk, Premier ministre polonais, le 8 février à l'issue de la première rencontre au sommet entre Moscou et Varsovie depuis 2001. Le président russe Vladimir Poutine a quant à lui relativisé un passé récent pourtant houleux : « Les problèmes qui ont surgi entre nos pays n'ont pas été dictés par le désir d'offenser nos partenaires. » Marek Ostrowski, journaliste à la revue polonaise Polityka, analyse : « L'objectif de cette rencontre est d'enlever l'étiquette que l'Ouest a collée à la Pologne, celle d'un État russophobe, incapable de discuter rationnellement avec la Russie. » La Pologne veut donc s'aligner sur l'Occident dans ses rapports avec son voisin. De nombreux sujets de tension empoisonnent les relations entre les deux pays et empêchent la reprise des négociations de partenariat stratégique entre l'UE et la Russie, bloquées par le gouvernement Kaczyński en 2006. Pour de nombreux Russes, comme Youlia, une étudiante moscovite, « les Polonais critiquent les Russes par rancoeur des conflits passés. Mais le pouvoir actuel n'a rien contre le gouvernement polonais ». Cependant, à quelques semaines de la fin de son mandat, Vladimir Poutine affiche clairement sa volonté de renouer le dialogue avec ses voisins. De l'eau dans le gazoduc Déjà en décembre 2007, la levée de l'embargo sur la viande polonaise, imposé depuis 2005, annonçait un dégel. Ce 8 février, la Pologne a montré qu'elle était prête à faire des concessions en proposant de ne plus mettre son veto aux négociations UE-Russie. Une évolution donc, mais pas une révolution. De nombreuses questions restent en suspens. La Pologne n'a pas réussi à contourner le projet de gazoduc germano-russe, sous la mer Baltique. Donald Tusk a avoué ne pas avoir convaincu Vladimir Poutine d'accepter un gazoduc terrestre qui passerait par son territoire, lui permettant d'être un point de contact entre la Russie et l'UE. De son côté, Varsovie n'a pas cédé face aux Russes qui voient d'un mauvais oeil le projet du bouclier antimissile américain sur son sol. Reste à savoir si la "réconciliation" des deux gouvernements permettra à chacun des deux peuples de tourner la page des discordes passées. Premier signe : un festival de chansons russes va être mis en place dans la ville polonaise de Zielona Góra, ancien lieu mythique du festival de la chanson soviétique. Quant à Vladimir Poutine, il a évoqué, pour la première fois, le massacre de 20 000 officiers polonais par les Russes, à Katyń en 1940.
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