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J'espère que les gouvernements du Kosovo et de Serbie vont renouer le dialogue. Pas pour parler politique, mais enfin pour parler des habitants. Pour l'instant on en est loin. » Tel est le souhait du Serbe Radmilo Jovic, président d'Unija M Kosovo, une association qui s'occupe des minorités déplacées. Plusieurs fois par semaine, Radmilo fait la route entre Pristina et Kosovska Mitrovica, où habite sa femme. Quarante kilomètres séparent la capitale de l'enclave serbe, coupée en deux par un pont, symbole du divorce entre les deux communautés. Lundi 18 février, « une bombe a explosé à quelques centaines de mètres de la voiture. Pas loin, des enfants jouaient dans les jardins ». « Je ne suis plus en sécurité » « Qu'à Pristina on agite des drapeaux kosovars, c'est normal, c'est un grand jour pour eux, comprend Radmilo. Mais si moi je sors avec un drapeau serbe dans la rue, je risque ma vie. » Tous les jours, Radmilo travaille avec des Albanais, « avec des gens normaux, pour la plupart. Mais dans la rue, je ne suis plus en sécurité au milieu d'Albanais. On ne sait jamais. Je me force à apprendre leur langue, mais je ne me sens pas bien. Parfois, au téléphone, on me raccroche au nez quand je parle en serbe. Tous les jours c'est compliqué. Aller acheter à manger, c'est compliqué... ». Pourtant, « nous devons vivre ensemble ». Au Kosovo, l'histoire a réuni des peuples qui se déchirent (parmi les autres minorités, on compte les Ashkaeli, les Bosniaques, les Gorani, les Juifs..). Alors que « partout en Europe on abat les frontières, nous, on en construit de nouvelles, relève Radmilo. Les Serbes vivent dans des quartiers ghettos... Peut-être que le salut viendra de la nouvelle génération qui n'a pas connu la guerre ». Fuir : une trahison ? « Dans le Kosovo indépendant, toutes les minorités seront bien traitées », a assuré Hashim Thaçi, le Premier ministre kosovar. Baratin politique pour séduire l'UE, estiment les Serbes, de la part d'un ancien « terroriste qui a pris les armes d'une organisation qui voulait épurer le Kosovo en 1999 ». Dès la déclaration d'indépendance, le gouvernement serbe a annoncé un plan d'aide financière pour les Serbes. Mais beaucoup ont déjà fui le Kosovo, ou ont été chassés au début des années 2000 par des Albanais qui gravaient leurs noms sur les portes des maisons pour les « réserver ». D'autres n'osent pas quitter leur village, de peur d'être considérés comme des traîtres qui ne défendent pas ce que beaucoup considèrent comme le berceau de leur nation.
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