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Dimanche 17 février, 15h30 : 109 députés viennent de voter l'indépendance de leur pays. Depuis la veille, des débordements de joie éclatent partout dans la ville, et des centaines, voire des milliers de personnes sont dans la rue. Dans les kiosques, on s'arrache le quotidien kosovar L'Express, qui a osé titrer « FUCK YU » (« Yu » pour Yougoslavie) au-dessus des portraits de Milosevic, Tito et le roi Nicolas Pasic. À ce moment-là, je suis en plein centre de Pristina, rue Mère-Teresa, et me tiens à côté de la statue de Skënderbeu, héros national des Albanais qui a combattu pour son peuple de 1444 à 1468. Autour de moi flottent des drapeaux des États-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Allemagne et bien sûr de l'Albanie. Plis sur la tête - le chapeau traditionnel albanais -, plusieurs milliers de personnes se bousculent dans toute la ville. Impossible de savoir combien ils sont exactement. Dans la multitude, on crie « Kosova ! Kosova ! », « USA, merci ! USA ! » ou encore « Merci la France ! ». Il faut dire qu'avec les déclarations faites quelques jours auparavant, Nicolas Sarkozy a conquis les foules. « Tu as entendu ce que Sarkozy a dit ?, me lance un homme à côté de moi. Il a dit qu'il fallait changer la carte d'Europe pour y placer le Kosovo ! » En visite dans une école primaire, le président français avait en effet tenu ces propos en pointant une carte d'Europe suspendue au mur. Beaucoup de regards sont embués par des larmes. Des chansons albanaises, rythmées par des tirs de pétards, montent de la foule. Xavit, un ami étudiant à Pristina, me dit : « J'attends ce moment depuis des années. C'est un moment historique. Nous devons maintenant tous œuvrer pour intégrer l'Union européenne. »
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