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Plus de 500 000 Chypriotes doivent se rendre aux urnes demain pour le premier tour de l’élection présidentielle. Quelque vingt-quatre heures avant l’ouverture des urnes, les neuf candidats jouent leurs dernières cartes avant la bataille. Le problème de la division de l’île reste la question essentielle à Chypre et figure, comme à chaque campagne électorale, au cœur des débats. D’après les derniers sondages, le faible écart entre les candidats des trois principaux partis promet à chacun d’intéressantes perspectives. Le président sortant Tassos Papadopoulos (soutenu par le Parti démocratique DIKO, centre) est crédité de 31 % des suffrages dans le sondage réalisé pour l’Institut radiophonique de Chypre. Il est suivi par Dimitris Christofias (leader du Parti progressiste des travailleurs AKEL, communiste) avec 30,5 %, et par Ioannis Kasoulidès (soutenu par le Rassemblement démocratique DISY, droite modérée) avec 27,5 %. La place de l’ONU au centre des débats Tassos Papadopoulos fait campagne sur son bilan de cinq ans à la tête de l’Etat. Parmi les engagements présentés dans son programme : un plan pour l’amélioration des services de santé, le développement d’Internet dans les écoles, le doublement des bourses accordées aux étudiants désireux d’effectuer leurs études à l’étranger, etc. Au sujet de la division de l’île, il a déclaré son intention de discuter sous l’égide des Nations Unies avec son homologue de la République turque de Chypre du Nord, « quand celui-ci le souhaitera ». Le candidat d’AKEL, Dimitris Christofias, est très populaire parmi les jeunes, les classes productrices et les retraités. En ce qui concerne le problème avec la partie turque de l’île, ses propositions vont dans le sens de nouvelles initiatives pour aller plus loin et ne pas rester bloqué dans la même impasse. Enfin, Ioannis Kasoulidès, ancien ministre des Affaires étrangères, a indiqué que s’il est élu, il s’invitera dès le 25 février dans la partie turque de l’île pour rencontrer son président, Mehmet Ali Talat. Il a également exprimé le souhait que l’ONU se mette en retrait et laisse les deux parties – grecque et turque – négocier seules. Vers un gouvernement de coalition ? A noter que pour la première fois dans l’histoire de l’île, 390 Chypriotes turcs, vivant dans la partie sud de l’île, se sont inscrits et sont donc autorisés à voter pour ce scrutin. Sauf imprévu, le résultat final des élections se décidera au second tour, le dimanche 23 février. Et déjà, les candidats réfléchissent à de possibles et stratégiques coalitions. Une alliance entre AKEL et DISY au second tour est plus que probable, malgré leurs positions clairement éloignées sur l’échiquier politique. Le président du DISY a en effet appelé l’électorat de son parti à voter pour Christofias si celui-ci accède au second tour face à Papadopoulos. De même, le leader d’AKEL a invité la gauche à faire un compromis historique en soutenant Kasoulidès, si c’est à ce dernier qu’échoit le face-à-face final avec le président sortant. L’homme à battre a quant à lui parlé d’une alliance en désaccord avec les déclarations fondatrices des deux partis challengers.
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