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L'Islande, la petite île du nord-ouest de l'Europe, base son économie sur la pêche et l'export d'aluminium. Mais ces dernières années, le tourisme a également gagné en importance. Les touristes du monde entier viennent en Islande pour se baigner dans les bassins géothermiques, faire des nuits blanches dans les bars de la capitale (qui est d'ailleurs connue pour avoir la vie nocturne la plus sauvage au nord du Rio), et pour voir la nature extraordinaire avec ses glaciers, cascades, montagnes magnifiques et fjords fantastiques. La cuisine traditionnelle de l'île est par contre rarement une raison invoquée pour venir en Islande. Le pays est traversé par le cercle polaire, ce qui rend le climat rigoureux. Les conditions pour l'agriculture ont toujours été difficiles. Dans l'époque pré-glaciaire, il fallait bien manger et garder tout ce qu'on pouvait produire, et la fermentation était une méthode fréquente pour préserver l'alimentation. La skata embaume le quartier Aujourd'hui encore, on mange le skata, une sorte de morue sans os qui contient des enzymes toxiques et qui doit être détoxiquée par la fermentation. Ce processus libère malheureusement de l'ammoniaque, qui est particulièrement odorante. Quand une seule famille prépare son skata, le quartier entier le sent. À la fin janvier, les Islandais fêtent la tradition de Þorrablót, en souvenir de la cuisine d'autrefois. Au menu, parmi les pâtés et les saucisses de foie, on retrouve aussi du hákarl, du requin rance, et du svið, la tête d'un mouton bien cuite et coupée en deux. Pire encore probablement : le hrútspungur, des testicules de moutons qu'on laisse aigrir. Toutes ces délicatesses sont accompagnées par des verres de brennivín, une vodka locale au goût de cumin qu'on appelle « le mort noir », svarti dauði. Mais l'Islande est quand même un pays assez civilisé, et la cuisine de tous les jours n'est pas aussi spectaculaire que pour la fête de Þorrablót. Beaucoup de jeunes Islandais n'ont même jamais goûté les testicules de mouton, et le requin ne se mange que pour des occasions spéciales. Du requin sur ma pizza De récentes tentatives de repopulariser le requin et d'autres plats traditionnels à l'odeur provocante, comme garniture sur des pizzas, n'ont pas rencontré le succès escompté. Le svið, par contre, reste un plat quotidien, et on trouve facilement les têtes décapitées de moutons dans les supermarchés islandais. Au coeur de la capitale, Reykjavík, juste en face de la cathédrale et du parlement d'Alþingi, se trouve le Café Paris. C'est un café populaire qui sert de la crêpe, des croissants au beurre et du café noir avec un verre d'eau à côté, comme il faut. On se demande combien de visiteurs aurait un Café Reykjavík, avec un menu de poisson pourri et des vieux restes d'abattage, s'il était situé en face de Notre-Dame à Paris.
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