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"Etant soumis au baptême dans Sa paroisse à une date que je n’ai pas décidé, je désire que soit rectifié ce fait en Sa possession, en reconnaissant ma volonté irrévocable de ne plus être considéré comme un membre de la confession religieuse, connue sous le nom d’Eglise catholique et apostolique romaine". Ceci est un extrait de la lettre de débaptisation à envoyer au prêtre de la paroisse en recommandé pour exprimer sa volonté d’être rayé du registre des baptêmes de l’Eglise catholique. Cet acte est un droit reconnu à chaque citoyen avant d’être un geste d’opposition forte à l’ingérence de la religion en politique et dans les médias. D’un point de vue religieux, l’excommunication immédiate résulte de cet acte avec, pour conséquences, l’exclusion des charges de parrain et de marraine, la privation des obsèques religieuses, l’exclusion des sacrements et la nécessité d’obtenir une autorisation de l’administration pour contracter un mariage catholique. Souvent, le lien avec le rite catholique est très fort, mais plus pour des raisons culturelles, dues notamment au poids de la collectivité, que par choix propre. Ainsi, les proches d’un athée ou d’un agnostique désirent souvent pour celui-ci des obsèques religieuses, considérées une forme d’expiation rituelle de la mort. Autre exemple, on préfère en général des noces religieuses à l’Eglise pour des questions de tradition et des habitudes consolidées dans le temps. La religion construit donc un système de pouvoir autour de la mort et de l’amour. Mais les habitudes sont faites pour être changées. Cela n’est pas impossible. D’autant plus que les désaccords avec une église qui fait trop souvent de la politique, ne manquent pas. C’est pourquoi, il est important de savoir que le droit de cesser de faire partie formellement de l’Eglise Catholique existe. Silvano Vergoli éclaire le sens de cet acte. Quel est le sens et l’utilité du débaptême ? Silvano Vergoli : Je précise tout de suite que, pour nous, la débaptisation ne veut en aucun cas constituer un « contre rite » ni la reconnaissance d’une quelconque valeur mystique au baptême. C’est plus simplement un droit, garanti par la protection de la vie privée, de voir respecter sa propre volonté de ne plus être considéré comme membre de la communauté catholique. Il existe un « gonflement » des statistiques qui a une importance énorme. En Italie, on déduit le nombre de catholiques du nombre de baptisés. Ce résultat est utilisé ensuite pour des sondages politiques. Mais au-delà de la question politique, c’est aussi une décision pleine de cohérence. Si, à un âge où je ne suis pas conscient de certaines choses, on m’inscrit à un club auquel je me sens étranger, je dois pouvoir ensuite rectifier les données qui attestent de mon appartenance à ce groupe. Pour un non croyant, le fait que ce club s’appelle le Rotary, la Maçonnerie ou l’Eglise Catholique importe peu. La chose essentielle pour le non croyant réside dans le fait qu’il puisse exprimer sa volonté sur son appartenance ou non à ce groupe. C’est la raison d’être de la débaptisation. Il y a aussi une question judiciaire à prendre en considération, dont peu saisissent toute l’absurdité. Le verdict sur cette question controversée est passée à la postérité sous l’expression de « la vicenda dei concubini di Prato» et fait jurisprudence. Elle a légitimé l’intervention de l’autorité ecclésiastique auprès des fidèles catholiques tant que ceux-ci restent baptisés. En pratique, celui qui ne demande pas à être débaptisé reconnaît implicitement le droit canonique et accepte d’être soumis à celui-ci aussi bien sur le plan civil que pénal. La débaptisation empêche l’autorité ecclésiastique de s’enorgueillir d’un rapport ou lien quelconque avec le sujet intéressé. Ce nombre de débaptisés est-il important? Silvano Vergoli : Il est impossible de connaître précisément le nombre de personnes ayant demandé à être débaptisé. Et c’est juste que cela soit ainsi parce que l’appartenance ou non à une confession religieuse reste du ressors du domaine privé. Chaque citoyen doit avoir le droit de garder pour lui cette information, d’ailleurs garantie par la protection de la vie privée. Nous avons cependant, la certitude que la débaptisation suscite un grand intérêt. Quelques personnes s’adressent aux associations qui aident le citoyen dans la formulation de sa requête. L’UAAR, par exemple, organise périodiquement des débaptisations collectives. Mais aussi nombreux soient-elles, elles ne constituent qu’un pourcentage réduit. On peut se faire une idée plus précise du phénomène à partir du nombre de téléchargements du formulaire rédigé par les experts de l’UAAR et disponible à l’adresse www.uaar.it, sur notre site. Plus de 2500 téléchargements par mois, et la page web contenant les instructions pour la débaptisation reçoit plus de 12 500 visites par mois. Evidemment, tous ceux qui lisent les instructions ne manifesteront pas ensuite la volonté de se débaptiser. De la même façon, les formulaires téléchargés ne seront pas tous complétés et envoyés à une paroisse. Mais ces chiffres devraient fournir une première estimation pour avoir une idée de l’ordre de grandeur. Il faut aussi ajouter que le formulaire peut être téléchargé en réseau sur d’autres sites. Mais, il n’existe pas d’évaluation complète des formulaires téléchargés. Seules les autorités vaticanes peuvent avoir une idée précise du nombre de débaptisés, mais, de toute évidence, elles n’ont aucun intérêt à le divulguer et on ne peut pas les contraindre à le faire. Il est intéressant de noter qu’en Espagne, pour faire face aux requêtes toujours plus nombreuses, des offices communales pour la débaptisation ont été installées, c’est donc un phénomène de dimension européenne. Avez-vous remarqué une hausse du nombre de renonciations au baptême? Silvano Vergoli : Excepté les articles que la Repubblica et Il Venerdi ont consacrés au sujet, les autres canaux d’information gérés par de grands groupes de communication aussi bien privés que publiques ont toujours préféré l’ignorer de façon à en limiter la diffusion. Etrangement, ce phénomène d’adhésion de masse à la débaptisation à eu plus d’espace dans les médias étrangers qu’en Italie. Cela en dit long sur la laïcité du système informatif de notre pays. De fait, la connaissance du droit à la débaptisation est liée essentiellement aux réseaux, qui, pour ce qui est de sa diffusion, atteint un nombre limité de citoyens. Nous sommes donc reconnaissants à tout ceux qui contribuent à la diffusion de cette information : il est possible de sortir officiellement de l’Eglise catholique.
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