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La question du Kosovo a été l’un des thèmes majeurs de l’élection. Mais les deux candidats encore en lice, le président sortant, (DSS, centre droit) et son adversaire Tomislav Nikolic La question sociale était aussi au centre des débats : financement des retraites, lutte contre l’inflation, pouvoir d’achat, sécurité sociale… L’ensemble des réformes entamées par les démocrates, au pouvoir depuis la chute de Slobodan Milosevic en octobre 2000, ne semble pas avoir convaincu l’électorat populaire, qui tarde à voir venir les profits de la reprise économique. S’ajoutent à cela les luttes de pouvoir et la corruption qu’a connue la Serbie depuis 9 ans. Une reprise économique sans effet pour les classes populaires En 2007, la Serbie a enregistré une croissance économique de plus de 7%, tout en réussissant à contrôler son inflation aux alentours de 6%, contre 20% en 2005. Point noir, le taux de chômage, il touche plus de 20% des actifs, et offre un terreau favorable aux discours démagogiques… Selon Andrej Ivanji, correspondant du quotidien allemand Die Tageszeitung en Serbie, c’est la question sociale qui aurait joué un rôle déterminant dans la victoire du nationaliste Tomislav Nikolic lors du premier tour de l’élection : « Tomislav Nikolic a tenu un discours populiste et socialiste. Il a ainsi gagné le soutien de millions d’électeurs modestes, mécontents et sans espoir, les perdants de la transition, les chômeurs. » (source : www.dw-world.de) Une bonne surprise, la participation Avant le premier tour, les associations de promotions des droits civiques craignaient une abstention record. Une bonne surprise donc car la participation a dépassé les 60% pour le premier tour. Cette dernière devrait atteindre les 65% lors du deuxième tour, demain. Derrière ces chiffres cependant, se cache un déséquilibre. Plus de 93% des retraités ont voté, contre à peine 10% des moins de 25 ans (source : www.glasaj.net) La jeunesse, désabusée, ne se sent pas concernée par l’enjeu présidentiel. La perception des deux candidats en Serbie Tadic, le président sortant, pro-européen, leader du Parti Démocrate, représente pour une certaine partie de la population l’avenir du pays. La Serbie attend avec impatience la signature de l’accord de stabilisation et d’association avec l’Union Européenne. Cependant, une partie de l’électorat reproche à Tadic sa « soumission » envers les instances occidentales, notamment à propos de l’indépendance du Kosovo. Bien qu’opposé à celle-ci, Tadic a affirmé qu’il ne sortirait pas du « sentier » démocratique en cas de déclaration unilatérale d’indépendance de la part du gouvernement de Pristina. Nikolic, leader du Parti Radical Serbe, est quant à lui pro-russe. Il rassemble les déçus de l’ère post-Milosevic. Attaché au Kosovo, il a reconnu, peu avant le premier tour, que la Serbie avait aussi besoin de l’Union Européenne, mais qu’à « choisir entre l’Europe et le Kosovo, nous choisirons le Kosovo ». Les enjeux internationaux Tadic est soutenu par l’ensemble des pays européens. L’Union Européenne craint que si Nikolic devient Président de Serbie, le pays marquera un arrêt brutal dans sa marche vers l’intégration européenne. De plus, le candidat ultranationaliste inquiète de par ses amitiés. Chef de fil du Parti Radical, dont le président, A l’est, la Russie n’a pas souhaité prendre ouvertement le soutien pour l’un ou l’autre des candidats. Si Nikolic a été reçu par des députés de la Douma (parlement russe), c’est Tadic qui a rencontré Vladimir Poutine en fin de semaine dernière. Le Kremlin s’oppose à toute indépendance unilatérale du Kosovo, et souhaite la reprise des négociations entre Belgrade et Pristina.
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