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EUROPE | StudiVZ, attention au Facebook allemand

27/01/08 | Sonja Karrenberg

Quatre millions de jeunes Allemands ont rejoint la communauté en ligne "made in Germany". Point commun avec le modèle américain : on y étale sa vie privée, sans barrières.

Des publicités ciblées pour chaque profil d'internaute sont la norme sur les différentes communautés en ligne qu'héberge le net.
Cdriiik
Metz France

Dis-moi quels sont tes contacts et je te dirai qui tu es. Je sais que tu as des problèmes avec ton copain, que tu aimes la cuisine italienne, que tu as trop bu le week-end dernier et que tu t'intéresses à la musique rock. Je sais aussi dans quel TD tu t'ennuies, je sais même où tu habites et je connais ton numéro de portable. En plus, je suis au courant de quasi tous tes secrets que tu as dévoilés sur le net. Et tout cela sans jamais t'avoir rencontré !

« StudiVZ », « Schülervz » (pour les collégiens et lycéens), « Friendster », « MySpace », « Lokalisten », « XING », « Facebook » - la liste des « online communities » semble infinie. Mais comment expliquer ce succès ?

Quatre millions de membres en Allemagne

« Studivz.de » est une abréviation pour « Studentenverzeichnis ». Il s'agit d'un réseau en ligne, qui, lors de sa création en octobre 2005, était seulement destiné aux étudiants allemands. Depuis, environ quatre millions de membres s'y sont inscrits. En fait, toute personne qui possède une adresse électronique a le droit de s'y inscrire. Ce site connaît un véritable succès. Depuis 2007, il appartient la maison d'édition allemande « Holtzbrinck Verlag » qui l'aurait acheté entre 50 et 100 millions d'euros ! Les versions espagnole, italienne, polonaise et française du site existent également. La version française s'appelle « Studiqg.fr » (qui reprend le QG de quartier général).

Le principe est simple : on s`inscrit, on contacte ses futurs amis, on se met en réseau avec eux, on met des photos en ligne et on s'écrit des messages sur les « bloc-notes ». Les membres peuvent non seulement adhérer à des groupes de discussion sur un thème tels que « Ironie ist der Humor der intelligenten Leute » (« L'ironie est l'humour des gens intelligents »), mais ils peuvent également se « gruscheln » - un mot inventé issu du mélange entre « kuscheln » et « grüßen » - sans que personne ne comprenne exactement ce que cela veut dire. En français, ce mot se traduit par « chalouiller ».

Pour ce qui est des fonctions et de la conception graphique de la page web, Studivz ressemble fortement à son homologue américain « Facebook ». On a l'impression que les créateurs ont seulement remplacé la couleur bleue de la plate-forme par du rouge.

Élection de miss StudiVZ

Mais Studivz est également sujet à controverse. Citons en exemple l'élection des plus belles filles du « Studivz » par les membres masculins de la community à laquelle les candidates ont participé volontairement ou à leur insu.

Étrangement, personne ne pourrait s'imaginer livrer à un parfait inconnu ses histoires personnelles, sa date de naissance, ses opinions politiques, ses soucis et ses espoirs. Mais sur Internet, tout devient possible. Pourtant, Internet n'est pas un espace protégé ! N'importe qui peut lire ce qu'on y a écrit : les parents, les pédophiles, les profs, les chefs d`entreprises, c'est-à-dire tout le monde. Reste à chacun de décider s'il a envie d'y participer ou non.

Sonja Karrenberg
Hamburg, Allemagne



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