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Ancrée près du port industriel de Trieste, la fonderie de Servola s'élevait à l'origine en dehors des limites de la ville. Mais l'expansion urbaine a fini par l'englober. Et les nouveaux voisins sont unanimes : ras-le-bol de l'usine. "Certains jours, il y a tellement de poussière que le poil noir de mon chien devient argenté", témoigne une passante. Un peu plus loin, une mère de famille s'inquiète : "Je voudrais bien savoir ce que respirent les enfants dans la cour de récréation." Selon l'Agence régionale pour l'environnement et le territoire (Arpa), la densité des poudres légères est bien au-dessus des taux autorisés. Mais c'est surtout la présence de benzoapyrène, substance hautement cancérigène, qui inquiète : elle est vingt fois supérieure au seuil imposé par la loi. Une pollution qui touche les quelque 500 travailleurs de la fonderie, et qui s'étend jusqu'au centre-ville. Asthme et allergie Malgré ce constat, personne n'a pris la décision de fermer cette usine sidérurgique qui avait été conçue pour fournir du carbone et de la fonte à l'Empire austro-hongrois. Aujourd'hui, le marché de l'acier est en perpétuelle croissance, et représente une source d'emplois pour toute la région. Mais pour les détracteurs de la fonderie, l'avantage économique ne compense pas les risques sanitaires encourus par la population. Les différents acteurs campent sur leurs positions. D'un côté, la société propriétaire conteste l'étude de l'Arpa. De l'autre, l'agence sanitaire locale et l'Arpa dénoncent des tentatives d'étouffement de l'affaire. En attendant, selon le pharmacien du quartier, "un gaz irrespirable s'échappe de la fonderie, quelque chose qui te prend à la gorge". Les cas d'asthme et d'allergie de la peau se multiplient. C'est ça ou le chômage : autant dire la peste ou le choléra.
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