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Selon le CESID, les électeurs serbes ont voté pour Tomislav Nikolic (39,6% des voix) et Boris Tadic (35,5% des voix) au premier tour de l’élection présidentielle. Velimir Ilic, candidat de la coalition regroupée autour du Premier ministre serbe Vojislav Kostunica est arrivé en troisième position avec 7,9% des voix. Les résultats officiels seront communiqués dans trois jours. D'après ces premières estimations, les Serbes devront choisir dans deux semaines entre le pro-européen Tadic et le russophile Nikolic. Un choix crucial pour l'avenir du pays. Portrait des deux candidats du deuxième round. Boris Tadic (DSS, centre droit). C’est le président sortant. Pro-européen, il rassemble tous ceux qui ont peur de l’immobilisme et de l’isolement qu’incarne d’après lui Tomislav Nikolic. Mais Boris Tadic ne sait pas vraiment sur quel pied danser… Très attaché comme tous les Serbes au Kosovo, il veut également mettre la Serbie sur de solides rails européens. Alors que l’indépendance de la province du sud de la Serbie est inévitable, il affirme qu’il ne cédera pas le Kosovo, sans vraiment dire à quoi ressembleront les lendemains sans la province à majorité albanaise. Il a tout fait pour reculer l’échéance, mais en vain. Il est coincé entre les exigences européennes et l’attachement de ses électeurs au kosovo qu’ils considèrent comme leur berceau historique. Boris Tadic mise sur le fatalisme de l’indépendance, et sur l’élan pro-européen d’une partie de la population qui est favorable au rapprochement avec l’Union. Le bilan de son mandat par contre ne fait pas l’unanimité. Un léger mieux dans la gestion d’un Etat malade mais nombreux jugent les progrès insuffisants. Tomislav Nikolic (SRS, parti radical). Il est l’héritier de Seselj, ami de Jean-Marie Le Pen, et actuellement au tribunal de La Haye pour crime contre l’humanité. Anti-européen, il est à la tête du parti de l’ancien Président Slobodan Milosevic. Sur la question de l’Europe, il a retourné sa veste au dernier moment pour ratisser plus large dans les derniers jours de la campagne. Il avait auparavant succombé aux appels de pied de la Russie. Son cheval de bataille : le Kosovo, qui lui permet de rassembler beaucoup de Serbes qui ont encore en travers de la gorge les bombardements de l’OTAN et la sécession du Kosovo. Prêt à renoncer à l’UE et à se couper de tous les Etats qui reconnaîtraient le Kosovo indépendant, il reproche à Tadic d’être à la botte de l’ouest. Il refuse d’intégrer l’OTAN, piloté par des pays qui ont stigmatisé la Serbie. S’il est élu, il a déclaré vouloir empêcher le « vol » de 16% du territoire que représente le Kosovo, et ne rien faire pour livrer le général Mladic. Or, sa capture est la condition sine qua none aux pourparlers avec l’UE. Pour gagner le second tour, il compte sur les partisans du Premier ministre Vojislav Kostunica (entre Tadic et Nikolic sur l’échiquier politique), les déçus de l’ère Tadic, qui n’a pu faire de miracle, et le sentiment d’injustice toujours très présent dans le cœur de nombreux Serbes.
Le 3 février prochain, les électeurs Serbes vont devoir se prononcer sur la gestion de la crise au Kosovo et le rapprochement avec l’Union Européenne. Avaler leur rancœur envers l’Europe et jouer le jeu de l’Union, ou camper sur des positions sentimentales, au prix de nouvelles années d’isolement et d’épreuve, à l’heure où leurs voisins de l’Ex-Yougoslavie n’attendent pas…
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