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Un grand nombre de langues est aujourd'hui menacé, et rien ne semble être entrepris pour contrecarrer ce phénomène. Mais quelles sont les causes de la disparition d'une langue ? Une langue n'est plus parlée lorsqu'elle n'est plus pratiquée. La transmission de génération en génération se fait de moins en moins.
Si la disparition d'une langue peut être longue et évolutive, elle peut, dans certains cas, être foudroyante. Un exemple probant est celui du trumai, langue parlée dans un village de la basse Culuene (rivière du Venezuela), qui a disparu après que la population a été disséminée par une épidémie de grippe en 1962. "Killer language", ou la langue tueuse Mais il semblerait que les raisons de la disparition des langues soient plus d'ordre politique. Ce fut notamment le cas pour un grand nombre de dialectes régionaux lors de l'expansion de l'empire romain, qui, par une volonté d'homogénéisation de l'empire sous la langue latine, a causé la disparition de nombre de langues, dont le gaulois. Aujourd'hui encore, l'hégémonie de la langue anglaise dans le développement économique international met en péril plusieurs dialectes locaux. Certains spécialistes des sciences du langage s'accordent à dire qu'il faut aujourd'hui 10 000 locuteurs à une langue pour qu'elle perdure, en comptant sur une utilisation quotidienne et une transmission intergénérationnelle. Si tel est le cas, 60 % des langues sont appelées à disparaître inexorablement. D'autres spécialistes des sciences du langage estiment que la communauté minimale de locuteurs quotidiens doit être d'un million d'individus pour voir perdurer une langue. Ceux-ci estiment donc qu'en ces temps de mondialisation effrénée, près de 90 % des langues connues au monde sont appelées à disparaître d'ici à la fin du XXIème siècle. Alors que l'on semble assister à un réveil des consciences quant aux problèmes écologiques et environnementaux qui nous entourent, des langues meurent régulièrement, d'autres sont en voie de disparition ou d'extinction, et ce phénomène semble inéluctable. Mais "l'écologie linguistique" reste encore à inventer.
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