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Irina est Ukrainienne, docteur en histoire, elle effectue un stage à l'université de Varsovie : "Je rentre chez moi pour les fêtes. Dans le bus, ce sera comme à chaque fois, il n'y aura que des ouvriers et des ménagères. En fait, non, cette fois-ci ce sera différent, une partie d'entre eux pourrait bien ne jamais revenir."
Montrer patte blanche Pas moins de 500 000 Ukrainiens travailleraient actuellement en Pologne en situation illégale. La plupart d'entre eux passent la frontière grâce à un visa touristique d'une durée de trois mois. Quand ce séjour se termine, ils retournent en Ukraine et refont une nouvelle demande de visa. Dans l'intervalle, un proche ou un membre de la famille vient les remplacer au poste laissé vacant. En 2006, les consulats polonais ont délivré pas moins de 650 000 visas. Pour seulement 2000 permis de travail. Les femmes travaillent le plus souvent comme aides ménagères. Les hommes, eux, sont presque tous employés dans le bâtiment. Ils touchent des salaires allant de huit à quinze zloty (soit environ deux à quatre euros) de l'heure, quatre fois plus que le salaire moyen ukrainien. Au noir, bien entendu. Mais cette situation pourrait bien changer. Le 21 décembre 2007, la Pologne est entrée dans l'espace Schengen : sa frontière orientale est la frontière de l'Europe. Et les procédures de visa se sont compliquées. Les nouveaux candidats auront à présenter une invitation tandis que les consulats devront vérifier les données personnelles de chacun via une centrale informatique où sont collectées les données des polices et douanes d'Europe. Sans compter que ces visas seront payants, de 35 à 75 euros. En clair : une procédure plus longue, plus chère et plus sélective. "200 dollars et tout est réglé" Irina ne se réjouit pas à l'idée de ces formalités : "Mon visa se termine. Je dois refaire une demande. Naturellement, je suis invitée par l'université, mes papiers sont en ordre, je ne devrais rien avoir à craindre. Mais on ne sait jamais, et encore moins maintenant, parfois cela peut prendre des semaines. Ou alors il faut tout de suite s'arranger avec un de ces types qui traînent autour des consulats. 200 dollars et tout est réglé." Et pourtant, il ne serait pas dans l'intérêt de la Pologne de se séparer de cette force de travail. Depuis que les jeunes Polonais se sont mis à émigrer massivement vers l'ouest, les employeurs se plaignent du manque de travailleurs. C'est ce qui a amené Bronislaw Komorowski, président de la Diète, la chambre basse du Parlement polonais, à constater : "Nous devons commencer à réfléchir à la façon dont nous pouvons profiter non seulement du travail manuel ukrainien, mais aussi des cerveaux ukrainiens."
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