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RUSSIE | Élections russes : quand jeunesse se lasse

16/01/08 | Clotilde Tonnerre

Le 2 mars prochain, les Russes seront invités à élire leur nouveau président. L’échéance ne suscite pas un grand émoi parmi les jeunes, habitués à accepter sans broncher des décisions prises en haut lieu.


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Tout comme les élections législatives de novembre dernier qui ont offert peu de suspense, les présidentielles de mars 2008 verront vraisemblablement la victoire du candidat Dimitri Medvedev, du parti au pouvoir Russie unie. Vladimir Poutine a lui-même désigné ce jeune libéral à sa succession, suscitant ainsi la controverse auprès des "siloviki", l'élite issue des services secrets, qui se bat elle aussi pour l'accession au pouvoir.

Tri sélectif de l'opposition

Des figures de l'opposition beaucoup vues ces derniers temps à la tête de manifestations, comme le joueur d'échecs Garry Kasparov et l'ancien dissident soviétique Vladimir Boukovski, n'auront pas la possibilité de présenter leur candidature, à cause du durcissement de la loi électorale de 2005. Seuls les groupes traditionnellement opposés au pouvoir comme le Parti communiste de Guennadi Ziouganov et le mouvement ultranationaliste de Vladimir Jirinovski participeront au scrutin.

Les jeunes, peu motivés dans leur ensemble par la politique de leur pays, constituent tout de même une cible privilégiée des partis. Certains ont rejoint les rangs des manifestants pour un retour du Parti communiste, d'autres rêvent d'une "Autre Russie", et militent dans le mouvement "Oborona" (qui signifie "Défense"). Une organisation inspirée des mouvements de jeunesse de la Révolution orange en Ukraine, et qui lutte contre le fascisme et pour le respect des droits de l'homme.

La politique, une affaire d'État

Pour les sympathisants du pouvoir, tout est prévu : les 8-15 ans peuvent rejoindre le mouvement "Michki", "les Oursons". Puis, en grandissant, ils rejoindront peut-être les jeunesses poutiniennes "Nachi", "Les Nôtres", organisation souvent considérée comme un label de discipline et de savoir-vivre pour leurs futurs employeurs.

Cependant, une grande partie de la jeunesse russe manque de repères et reste peu convaincue par la politique de son pays. Le témoignage de Ioulia, 23 ans, qui vient d'obtenir son diplôme de traduction anglais-russe à l'Université de Saint-Pétersbourg, est révélateur : "Ma mère et ma grand-mère ont voté pour Poutine aux dernières législatives, parce qu'il est notre favori. Moi, je n'ai pas voté, je m'en fiche, la politique ne m'intéresse pas."

Souvent indécis et déçus par les promesses de leurs dirigeants, les jeunes Russes, élevés dans un capitalisme galopant, rêvent surtout d'une réussite professionnelle et matérielle, qui laisse peu de place à la politique, considérée avant tout comme l'affaire de l'État.

Clotilde Tonnerre
Strasbourg, France