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Vendredi 7 mars, un attentat de l’ETA a tué Isaías Carrasco, un ancien conseiller socialiste. La campagne pour les législatives, qui se tiennent aujourd’hui dimanche 9 mars, a été interrompue. Ce scénario n’est pas sans rappeler le contexte, plus dramatique encore, des dernières élections législatives en Espagne, en 2004. Elles avaient eu lieu le 14 mars, soit seulement trois jours après les attentats de la station de métro d'Atocha, à Madrid, qui avaient fait près de 200 morts et 1400 blessés. La campagne électorale avait été suspendue. Jusqu’à cette date du 14 mars 2004, tous les sondages annonçaient le maintien de la droite au pouvoir. Le gouvernement de José Maria Aznar, relayé par les médias, avait immédiatement attribué les attentats à l'ETA, qui démentait son implication. Le 13 mars, Al-Qaïda les revendiquait, précisant avoir agi en Espagne en représailles à la participation du pays à la guerre en Irak, aux côtés des Etats-Unis. Les manifestations spontanées, dans un premier temps contre l'ETA, se retournèrent contre le Parti populaire (PP). Le lendemain, le Parti socialiste (PSOE) l'emportait avec 42,6% contre 37,6% des voix au PP. José Luis Zapatero promit alors le retrait rapide des troupes espagnoles en Irak. Pour José Maria Aznar, cela revenait à céder au terrorisme. Alvaro Uribe en guest star Aujourd'hui, Mariano Rajoy, le leader du PP, veut faire de la lutte contre le terrorisme un thème majeur de la campagne. C'est ce qu'il a voulu montrer le 24 janvier dernier à Madrid, lors du IVè Congrès international des victimes du terrorisme. Un rendez-vous qui a eu cette année une forte connotation politique, du fait de la présence du fils de l'ancien Premier ministre Adolfo Suarez (Union chrétienne démocrate, ancêtre du PP), de 1976 à 1981, et d'Alvaro Uribe, président de la République de Colombie, confronté aux FARC. Certaines associations ont décliné l'invitation. Mariano Rajoy a vivement critiqué l'ouverture du dialogue avec l'ETA, adoptée par le gouvernement. Selon lui, « négocier avec les terroristes, c'est les légitimer » et, de ce fait, le gouvernement de Zapatero « a joué avec la loi ». Rajoy a également demandé l'interdiction de deux partis indépendantistes basques, le Parti communiste des terres basques (PCTV) et l'Action nationaliste basque (ANV), issus de Batasuna, lui-même interdit en 2003. Le gouvernement lui a répondu de manière indirecte le lendemain, en promettant qu'aucun candidat de ces formations ne pourra se présenter aux élections.
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