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Depuis un an, le gouvernement slovaque n'a plus qu'une idée en tête : l'entrée du pays dans l'espace Schengen. À tel point que "Schengen" est devenu une formule magique aux oreilles des électeurs, qui attendent avec impatience la répétition de l'Histoire, avec la disparition des frontières artificielles nées en 1918 lors de la partition de l'Empire austro-hongrois.
Signe fort : la Slovaquie vient d'achever la construction de l'autoroute qui relie désormais Bratislava à Vienne. Et mi-novembre, le pays a scellé avec la Hongrie un accord sur la construction de deux ponts au-dessus de la rivière Ipel, au centre de la Slovaquie. Pourtant, les relations des deux pays ne sont pas au beau fixe. Les tensions sont régulières, surtout pour des questions concernant la minorité slovaque de Hongrie et la minorité hongroise vivant en Slovaquie. À la frontière avec la République Tchèque, on se réjouit du rapprochement avec la Slovaquie. Les deux pays s'étaient séparés en 1993. "Les Slovaques et les Tchèques sont comme des frères", explique Alzbeta. Elle travaille dans un magasin dans le nord du pays : "Les Polonais pourront venir ici pour acheter et vendre toutes sortes de biens. Et nous pourrons aussi commercer là-bas." Dans la région, on attend également une amélioration du trafic touristique, notamment dans le Haut Tatras, la partie la plus élevée de la chaîne des Carpates, au nord-est de la Slovaquie. "Nous sommes heureux de pouvoir aller librement en Hongrie ou en Pologne, explique Peter, étudiant dans la ville de Cierna, à un kilomètre de la frontière ukrainienne. Mais juste derrière nous, se bâtit un nouveau rideau de fer, au-delà duquel les fonds européens n'arrivent pas. Pourtant, des membres de nos familles vivent juste de l'autre côté de la frontière." De l'autre côté, c'est la Ruthénie subcarpatique, partie intégrante de l'Ukraine. Une région qui, au fil des siècles, est passée de la Hongrie à la Tchécoslovaquie, puis finalement à l'Ukraine. Immigration illégale "Abolissons aussi cette frontière", proposent certains Ruthènes de Cierna, comme Pavol, qui travaille pour une compagnie de chemin de fer : "La région est beaucoup plus sûre qu'avant. Les criminels ne sont plus aussi puissants qu'il y a quelques années. La police a construit un nouveau centre d'asile et a reconstruit des bâtiments. Nous savons que tout cela provient des fonds européens." Avant de tempérer : "Mais il n'y a pas de travail pour nos enfants ici." Une chose est sûre : la Slovaquie et la Pologne seront sans doute confrontées à un nouveau problème : l'immigration illégale provenant de l'Est. Car les Roumains et les Bulgares ne sont, pour l'instant, pas intégrés à l'espace Schengen. Et voient donc le déplacement de leurs ressortissants limités.
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