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Mitochondrie
Nantes, France

FRANCE | Du vert en demi-teinte

01/01/70 | David Colomar

Véritable révolution écologique ou simple opération de communication ? A l’issue du Grenelle de l’environnement, le bilan est mitigé.

A mettre aux oubliettes des fausses bonnes intentions ?

Au cours des accords de Grenelle de Mai 68, des décisions nettes et spectaculaires avaient été prises, comme l’augmentation du SMIG de 25% et le passage à la semaine de 40 heures. A l’inverse de son homonyme, le Grenelle de l’environnement ressemble plus à la première étape d’un long processus. D’après le gouvernement, il devrait déboucher sur des mesures importantes telles qu’une une « loi de programmation» sur l’environnement, prévue pour courant 2008.

 Contrairement à Mai 68, les thèmes les plus controversés (nucléaire, taxe carbone, infrastructures routières…) ont été soigneusement évités. Au mieux, ils ont donné lieu à des formulations suffisamment vagues pour laisser le champ libre aux interprétations les plus variées. Les défenseurs du Grenelle soulignent en revanche que pour la première fois, les différents acteurs de la scène environnementale se sont réunis et ont réussi à travailler ensemble. 

Biocarburants : rien de nouveau

 

Les résultats obtenus sont très différents selon les groupes de travail et les thèmes abordés : si la réduction des émissions de CO2 dans les transports a donné lieu à un bras de fer entre ONG et représentants des entreprises (notamment la fédération nationale des transporteurs routiers), le thème de l’efficacité énergétique a permis de dégager un large consensus sur les mesures à mettre en œuvre dans le bâtiment. Résultat : en 2010, tous les nouveaux bâtiments devront être construits en « basse consommation» (moins de 50 KWh/m) ou devront être à énergie « passive » ou « positive » (c'est-à-dire que leur production énergétique devra être supérieure ou égale à leur consommation).

 En revanche, dans le domaine des biocarburants, on attendra les résultats d’une étude lancée par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) pour trancher sur leur utilité. La décision de la mise en place d’une « taxe carbone» a aussi été repoussée. 

Visée européenne

 

Les négociateurs ont fait un effort pour ne pas donner de cette manifestation l’image d’un congrès franco-français. L’un des 13 chapitres de la synthèse est consacré au programme  « communautaire et  international » à mettre en œuvre. Il propose notamment la création d’une « Organisation des nations unies pour l’environnement » et propose que la présidence française de l’UE, au deuxième semestre 2008, mette l’accent sur la protection de la biodiversité et des ressources naturelles en Europe.

 

Plusieurs mesures annoncées s’inspirent explicitement de programmes en vigueur dans d’autres pays, telles que la mise en place de « prêts CO2 » s’inspirant d’un programme allemand, ou l’adaptation en France des « citizen advisory panel » (comités locaux d’information) américains. De plus, outre la présence de personnalités comme Al Gore et Barrosso lors du discours de clôture de Nicolas Sarkozy, le texte était disponible sur le site officiel du gouvernement en anglais, allemand et espagnol.

 

Enfin, manifestation de l’universalisme à la française ou étourderie ? Les négociateurs du Grenelle ont poussé la bonne volonté jusqu’à annoncer « l’intégration du transport aérien dans le système européen d’échange des permis d’émissions » ! On espère que nos voisins européens étaient d’accord…

David Colomar
Sheffield, Royaume-Uni



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