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Nantes, France

SERBIE | Cobe et Florin, jeunes kosovars en quête d'indépendance

09/12/07 | Maria Wimmer

Les discussions sur l'avenir du Kosovo sont dans l'impasse. À Pristina, la vie continue. Rencontre avec deux jeunes kosovars, qui n'attendent pas de miracles d'une éventuelle déclaration d'indépendance.

Kobe (à gauche), jeune technicien de Radio Kosova, tient aussi un magasin de disques à Pristina.
Maria Wimmer
Strasbourg France

 

Près des bâtiments de l'Onu, à Pristina, on retrouve le jeune Cobe dans un magasin de disques. Sur deux étages s'étalent des CD de toute musique, mais surtout de pop, et des DVD, la plupart des copies pirates. Dans le coin gauche, Cobe se plante derrière son ordi. « Je fais la programmation musicale pour demain », sourit-il, les yeux fixés à l'écran. Une main tient la cigarette, l'autre la souris qui se déplace en vitesse, en bougeant des fichiers audios. « Il fallait que j'apprenne à manipuler l'ordi, les programmes, ça me faisait assez peur », confie-t-il.
Après avoir fui les Serbes en 1999, il est revenu à Pristina pour vendre des disques dans la rue. Cobe, c'est un accro de la musique. « J'ai toujours aimé chanter et j'écoutais la radio tout le temps. Je connaissais toutes les chansons et tous les artistes ». Un jour, une femme suisse apparait devant son stand et demande une certaine chanson. « J'ai tout de suite retrouvé le disque avec cette chanson. Ça l'a vraiment impressionné. Elle m'a demandé de venir travailler à la radio », se souvient Cobe.
Car cette femme suisse est chargée de soutenir la création d'une radio kosovare. Il apprend tout sur le tas : l'informatique, la programmation musicale et la modération. Il gagne 500 € dont il paye 150 € pour le loyer d'un appartement de 30m2. Mais tout n'est pas rose. Sa passion, le magasin de disques, est coûteuse. « C'est mon plus grand souci. Il faut payer 700 € tous les mois », soupire-t-il. Mais au moins, il partage sa passion.

Florin a des cheveux blonds très courts et un regard doux. Chaque jour il arrive avec des cartons sur la place centrale de Pristina, à coté du Grand Hotel. Dans les cartons, des tas de vieux livres dans toutes les langues, parfois assez usés. Des dictionnaires, des romans, des guides de voyages, des livres historiques - il y a de tout.
« Après la guerre, ca marchait bien, il y avait beaucoup d'étrangers qui achetaient des livres. Maintenant, il y en a de moins en moins », soupire-t-il. Son rêve, c'est étudier à la faculté de droit - ce qui coûte trop cher.
Vendre des livres, ca suffit à peine pour acheter du pain pour sa famille. Avec sa femme et deux enfants, il habite une pièce à Pristina. L'aide sociale, environ 70 €, paie le loyer. L'indépendance changera-t-elle quelque chose ? Il y aura peut-être plus d'investissements. Et enfin, peut-être plus d'étrangers.

Maria Wimmer
Strasbourg, France

La place où Florin vend ses livres, au pied du grand Hotel. Une statue de martyr de l'UCK y cotoie une immense affiche d'Ibrahim Rugova, le président décédé en 2006.
La place où Florin vend ses livres, au pied du grand Hotel. Une statue de martyr de l'UCK y cotoie une immense affiche d'Ibrahim Rugova, le président décédé en 2006.Maria Wimmer
France
Pristina. A gauche, une église serbe, à droite, l'immeuble de la Radio television Kosova (RTK).
Pristina. A gauche, une église serbe, à droite, l'immeuble de la Radio television Kosova (RTK).Maria Wimmer
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Radio Kosova, où travaille Cobe.
Radio Kosova, où travaille Cobe.Maria Wimmer
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