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On les appelle communément des netlabels, ou des e-labels. Ces structures de promotion et de diffusion, associatives pour la plupart, ont vu le jour récemment. Elles offrent à de nombreux artistes, n'ayant pas accès aux canaux de diffusion dits classiques, l'opportunité de se faire entendre. Bien que le progrès soit à la base de cette innovation, derrière la virtualisation de l'activité se cache une réelle volonté de démocratisation culturelle. Comme l'explique Julien Ottavi, co-fondateur de Fibrr Records, créée en 2000 « depuis plusieurs années nous sommes dans l'idée que ce que l'on produit est un savoir, une connaissance, et que de facto, elle devrait être partagée avec tout le monde ». Nouvelles perspectives L'ouverture se manifeste dans les trois étapes du processus : la création, la diffusion et l'écoute. Pour l'artiste, créer un morceau devient un geste logistique et financier à portée de main ; un ordinateur puissant, un ou deux logiciels freeware ou crackés pour traiter et arranger, et le voilà sur le net prêt à être propagé. Le rôle d'un netlabel est similaire à celui d'un label musical classique le tout à moindre coût, il va chercher sur le net par le biais de plate formes communautaires ou simples pages perso l'artiste qu'il décidera ensuite de promouvoir. A priori, ni l'artiste ni le netlabel ne s'inscrivent dans une démarche de profit. Soucieux de renforcer leur image et de se démarquer dans cette jungle de sites et de services qu'est le web 2.0, certains netlabels ont jugé précieux de développer une véritable identité graphique. Ils proposent par exemple aux internautes de rentrer dans l'univers de l'artiste avec les "cover art" (pochettes d'albums en téléchargement). Plus qu'une simple valeur ajoutée, ce genre de démarche revalorise la possession de la musique. Avec pour objectif de recréer chez "l'audinaute" cette conscience d'acquisition de l'oeuvre musicale. La protection Creative Commons en est la plus symbolique démonstration. Le téléchargement reste libre, mais normé. Ces nouveaux modes d'écoute permettent à l'auditeur de découvrir sans contrainte matérielle, de cumuler les titres et les playlists quasi sans limite. Néanmoins subsistent encore de vrais inconditionnels, amoureux du vinyle ou autres fétichistes de la pochette CD pour qui rien ne remplacera le plaisir et la richesse tactile du support musical.
------- La protection Creative Commons -------- La norme Creative Commons permet la protection des oeuvres de tout type (photo, vidéo, musique, etc.) sur Internet. Les oeuvres sont librement reproductibles, voire modifiables, à condition de citer leurs auteurs. Créée en 2001 par deux universitaires américains, elle fut ensuite adaptée dans plusieurs pays, dont la France en 2004. La norme Creative Commons permet aussi aux auteurs, via un système de contrats (creativecommons.org) de donner les limites d'utilisation : commerciale ou non, modification de l'oeuvre originale. Dans tous les cas, la paternité de l'auteur est reconnue. Inspirée par les mouvements de licences libres, cette norme permet surtout au public de se réapproprier librement des oeuvres sans avoir à effectuer toutes les démarches du régime de droits classique (négociation des royalties en cas d'utilisation commerciale, information sur le régime des droits, etc.). Un vrai juste milieu entre le copyright et le domaine public.
------ Deviens producteur ! ------ Phénomène très récent sur la toile, les labels communautaires vous proposent d'abolir les frontières avec les artistes, et de les produire vous-même. Vous aurez l'occasion de devenir un vrai producteur "participatif", via un système de souscription en ligne. De même, ces sites proposent aux artistes avides de reconnaissance un système d'inscription très simple. Les artistes d'un côté, les internautes de l'autre, dans l'attente d'un coup de foudre. « L'avenir de la musique repose sur une collaboration intime entre les consommateurs et les artistes » annonce le site. Et la présentation est aguicheuse : à la Une, le "top artiste", et le "top producteur", avec le plus généreux des donateurs. Le classement nous dit que ce dernier a misé plus de 9 000 euros sur un artiste. Libre à vous de n'en donner que 10, mais sachez qu'il vous faudra, avec vos acolytes néo-producteurs, atteindre la modique somme de 70 000 euros pour que l'artiste de votre choix soit produit. « Quand votre artiste aura réuni suffisamment de producteurs pour récolter 70 000 euros, il aura la chance d'enregistrer son album, de réaliser son premier clip avec des professionnels de la musique et de voir sa carrière se lancer » précise le site. Mais tout le monde y gagne apparemment : « Un artiste en développement voit sa rémunération osciller entre 10 % et 15 % de chaque vente. Notre modèle économique offre aux artistes une rémunération de 20% sur le revenu des ventes physiques et numériques ! Tous les producteurs d'un artiste se répartissent 30 % de l'argent récolté sur les ventes physiques et digitales ». Petit calcul... pari gagnant ? >> Mymajorcompany.com
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