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Alors que la journée de la femme pointe le bout de son nez, le 8 mars, les femmes artistes sont à l'honneur dans la programmation 2008 des musées. A croire que le 8 est le chiffre fétiche tout trouvé pour les femmes : à cause des rondeurs ?! L'histoire des femmes artistes est celle d'un combat qui continue aujourd'hui. La scène artistique contemporaine les revalorise, et leur destin se dessine peu à peu vers un avenir prometteur. Le Palais Royal de Milan propose jusqu'au 6 avril une rétrospective réunissant environ les œuvres de 150 artistes, de la Renaissance au surréalisme. Si les noms des artistes des deux derniers siècles retentissent plus facilement à nos oreilles, ceux des artistes plus anciennes nous plongent en terre inconnue. Citez-moi un nom de femme peintre de la Renaissance ? Collés ! Pour réparer cet oubli, courez à la capitale de la mode italienne qui fait la part belle aux femmes artistes des XVIème et XVIIème siècles : autant de talents que de difficultés à s'affirmer en cette période humaniste où Léonard de Vinci et Michel-Ange étaient à l'apogée de leur gloire. Marie-Antoinette, mécène des femmes Peindre pour vivre ou vivre pour peindre ? Probablement les deux ! Comme Artemisia Gentileschi (1593-1653) victime d'un viol à l'âge de 17 ans. Elevée par un père artiste peintre, Artemisia forgea son caractère aux pigments rouges de l'atelier. Cependant, si Artemisia fit preuve d'audace, d'autres se montrèrent plus discrètes, comme Sofonisba Anguissola (1532-1625) ou Lavinia Fontana (1552-1614), célèbres portraitistes, l'une à la cour de Madrid et l'autre à Bologne, sa ville natale. A propos de Bologne, la sage Elisabetta Sirani (1638-1665) eut son heure de gloire plus tard, dans cette ville où la création féminine avait une place importante. Maniant aussi bien le pinceau que le burin, Elisabetta ne vécut que 27 ans, mais laissa environ 200 tableaux exécutés en dix ans ! Le XVIIIème siècle s'annonçait plus propice à la création féminine, dans un univers de frou-frou et pâte d'amande... J'entends bien sûr les femmes de Versailles sollicitées par Marie-Antoinette. Mais à travers les bosquets et les fontaines du Trianon, le ciel n'était pas toujours lumineux en ce siècle pourtant nommé « siècle des Lumières » ! La reine sera ressuscitée le temps d'une exposition présentée au Grand Palais à Paris du 15 mars au 30 juin, moment privilégié pour le spectateur qui déambulera dans l'univers de Marie-Antoinette et des artistes de son temps, dont faisait partie l'académicienne Elisabeth Vigée-Lebrun, portraitiste officielle de la reine. De Paris à Liverpool Du 15 avril au 27 juillet, le musée Rodin à Paris proposera une rétrospective consacrée à Camille Claudel (1864-1943), LA référence en matière de sculpture. Métier vraisemblablement masculin de par sa difficulté physique, très peu de femmes ont percé dans la sculpture. Les visages sculptés de Camille Claudel ont figé leurs expressions sous le poids du marbre, empreints à la beauté du geste de l'artiste qui revit sous l'œil du spectateur en proie à l'émotion. Enfin, si votre préférence va plutôt à des artistes plus modernes, voire contemporaines, les « Nanas » colorées de Niki de Saint-Phalle (1930-2002) envahissent jusqu'au 5 mai la Tate de Liverpool, occasion de s'offrir un petit séjour dans la capitale européenne de la culture cette année. Et si c'est trop loin pour vous, le Centre Pompidou rend hommage, après Annette Messager en 2007, à Louise Bourgeois (née en 1911), la "dame à l'araignée", avec pas moins de 200 œuvres à voir du 5 mars au 2 juin. Les femmes sont longtemps restées en coulisses, mais les temps ont changé et à présent, le rideau se lève et sous les projecteurs des musées, se joue le triomphe de ces dames.
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