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« La Pologne a remporté un énorme succès au sommet de Lisbonne. Elle a confirmé son statut de grand État européen. » Au lendemain des négociations, l'ancien Premier ministre polonais Jaroslaw Kaczynski ne cache pas sa joie. La première revendication du pays portait sur l'inscription dans le traité du "mécanisme de Ioannina". Le traité prévoit en effet le changement de système de vote au Conseil. Et pour la Pologne, ce changement s'apparente à une perte d'influence au sein de l'Union européenne. Pour compenser cette perte, le mécanisme de Ioannina doit permettre de réunir plus facilement une minorité de blocage comprenant « au moins trois quarts de la population ou au moins trois quarts des États membres ».
Donald Tusk recule Autre point de désaccord entre Varsovie et ses homologues : la Charte des droits fondamentaux. Elle ne devrait pas porter atteinte, selon la Pologne, au « droit des États membres à légiférer dans le domaine de la moralité publique, du droit de la famille ainsi que de la protection de la dignité humaine ». Rien de plus normal selon Tomek, étudiant en journalisme à Varsovie : « L'attitude de Kaczynski à l'égard de cette charte ne me surprend pas. Les traditions et la morale sont très importantes pour les Polonais. » Un avis que ne partage pas Hubert, professeur de langues : « Notre président pensait à des "menaces", telles que la sécularisation de notre société ou l'autorisation pour les homosexuels de se marier. Ce sont des choses personnelles et pas politiques. » Donald Tusk, le tout nouveau Premier ministre, avait fait de l'acceptation de la charte l'un de ses objectifs. Il a pourtant abandonné cette idée vendredi 23 novembre, au terme d'un discours fleuve de plus de trois heures sur sa politique générale.
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