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Nantes, France

LUXEMBOURG | Fiat Lux(embourg) !

30/01/08 | Erwan Nonet

La nouvelle n’a pas fait grand bruit, elle n’en demeure pas moins spectaculaire : le 13 octobre dernier, le Luxembourg a gagné un match officiel de football. Le 1er depuis 12 ans !


Alex
Paris France

Il fallait une victime expiatoire et, soyez sûrs qu'ici, au Luxembourg, le Bélarus n'est plus un vague pays aux contours flous. Non, l'équipe du pourtant remarquable meneur de jeu des Londoniens d'Arsenal (Alexander Hleb) est dorénavant inscrite en lettres dorées dans les annales du football grand-ducal. Leur défaite à domicile (0-1) face à la sélection luxembourgeoise est devenu ici un jalon dans l'histoire de ce sport.

À 100 km de Tchernobyl

Pour retracer cette épopée, revenons quelques jours avant ce déplacement onirique. Tout commence par le choix de la fédération bélarusse de jouer à Gomel et non à Minsk, la capitale. A priori, pas franchement un problème : le Luxembourg n'ayant pas l'habitude de rameuter les foules, il est habitué à jouer dans les enceintes provinciales. Et puis Gomel est la deuxième ville du pays, et son stade de 15 000 places, un des plus modernes. Sauf que Gomel possède une autre caractéristique : la ville ne se situe qu'à une centaine de kilomètres de... Tchernobyl ! Elle a été décrite comme la ville la plus irradiée du pays. Autant dire que ce choix a été extrêmement décrié.

On ne peut donc pas dire que la sélection luxembourgeoise partait spécialement en confiance. D'autant que son capitaine Jeff Strasser (un des deux seuls pros de l'équipe, au FC Metz) et trois autres titulaires indiscutables étaient blessés ou suspendus.

Des arrêts de jeu insupportables

Poussés par Hleb, les Bélarusses allaient avoir le contrôle du ballon mais, à court d'imagination, ils n'allaient finalement se créer que peu d'occasions. Et lorsque le ballon prenait des trajectoires dangereuses, le gardien luxembourgeois Jonathan Joubert (un ancien Français formé au FC Metz) faisait des miracles.

Alors que tous les Luxembourgeois voulaient en finir au plus vite avec un 0-0 qui les aurait comblé de joie, les arrêts de jeu s'éternisaient. Trois, puis quatre minutes... Insupportable !

Et puis, alors que tous sont éreintés, l'incroyable survient. René Peters récupère un ballon et le transmet à Dan Da Mota sur l'aile droite. Plutôt que de le garder en attendant tranquillement que l'arbitre siffle le match nul, il accélère le long de la ligne de touche. En bout de course, il crochète son vis-à-vis. Seul, il centre pour Fons Leweck qui, après neuf mois d'arrêt suite à une rupture des ligaments croisés du genou, place une tête décisive. But !

Tout le banc luxembourgeois se rue sur l'homme providentiel ! Bien sûr, ils n'ont absolument pas le droit de rentrer sur l'aire de jeu mais l'arbitre danois, compréhensif, laisse faire et siffle trois fois. Applaudis par un public entièrement bélarusse, les Luxembourgeois en sont quitte pour un tour d'honneur assez surréaliste : pour la première fois depuis bien longtemps.

Aucun supporter luxembourgeois n'a pu faire le déplacement. Les visas étaient extrêmement compliqués à obtenir. Mais les faits sont là. Le 6 septembre 1995 n'est plus la date de la dernière victoire luxembourgeoise. Le Bélarus efface le souvenir de Malte, et le Luxembourg abandonne l'escouade peu glorieuse des équipes à zéro point. Adieu Iles Féroé, Saint-Marin ou Andorre !

Rédacteur : Erwan Nonet, Luxembourg, Luxembourg




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