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« He who controls the past controls the future. And he who controls the present controls the past. » Vladimir Poutine semble bien avoir fait sienne cette maxime d'Orwell. Si le passé soviétique de la Russie a toujours été source d'embarras pour le Kremlin, le président russe, lui, ne se gêne pas pour réhabiliter certains aspects de l'histoire russe synonymes d'une puissance et d'un rayonnement aujourd'hui révolus, quitte à en occulter ses facettes les plus sombres. Avec l'éclatement de l'URSS en 1991, Boris Eltsine avait entamé une "désoviétisation" de la Russie dont l'aboutissement symbolique logique aurait dû être l'enterrement de Lénine - momifié à sa mort en 1924. Cependant, la dépouille de Vladimir Ilitch Oulianov repose toujours dans son écrin du mausolée de la Place Rouge, et comme elle, le fantôme de l'URSS ne cesse de planer sur la Russie. Aujourd'hui la page de l'autocritique semble définitivement tournée. Depuis son entrée en fonction en 2000, Vladimir Poutine a entamé une révolution idéologique. Au nom d'un certain relativisme historique et d'une approche "patriotique" du passé russe, l'ex-officier du KGB réhabilite nombre de personnages et d'évènements de sinistre mémoire. «Nos pages noires n'étaient pas si terribles...» a lâché dernièrement le président russe jugeant l'histoire américaine bien plus dramatique. Pour Poutine, l'éclatement de l'URSS en 1991 est «la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle». Étrangement, les manuels scolaires avaient jusqu'alors été épargnés. Mais depuis le printemps 2004, le Kremlin s'est affairé à "éliminer les distorsions de l'histoire dues au pseudo-libéralisme". Aujourd'hui, dans les nouveaux manuels, beaucoup de crimes sont occultés par les litanies sur les victoires glorieuses de l'URSS. Le passé est désormais relu à la lumière des ambitions de retour à la puissance et à la grandeur de la Russie. On oublie le pacte germano-soviétique (union entre Berlin et Moscou en 1939), la police politique, et on encense la "Grande Guerre patriotique" - dont le mythe est extrêmement vivace - l'"antifascisme" et la victoire contre le nazisme, la conquête de l'espace, la puissance militaire et le rayonnement international de l'URSS d'après-guerre. Staline est moins dépeint comme le dictateur terrible des heures de la Grande Terreur et du Goulag que comme l'unique artisan de la victoire de 1945. Quant à Lénine, le créateur du système, il est perçu comme un grand chef et non comme le démiurge de l'État-parti soviétique et l'idéologue de la violence et de l'intolérance. Un ancien professeur de marxisme-léninisme travaille actuellement sur de nouveaux manuels visant l'"éducation national-patriotique" des élèves... « Nous avons besoin de nouveaux manuels qui rendent les jeunes fiers de leur pays » a déclaré Poutine.
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