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Les derniers feux de la fête espagnole ne sont plus que de simples veilleuses. À la mi-octobre, Saragosse, capitale de l'Aragon, et Jaen, en Andalousie, remisent au placard pour de longs mois les costumes de lumières. La saison de la corrida est finie. Dans les rues, les aficionados de corridas et des ferias traînent leur mélancolie, refusant de se voir happer par l'hiver, ce désert taurin pour qui n'a pas les moyens de s'envoler pour l'Amérique. Là-bas, de l'autre côté de l'Atlantique, Mexico et ses soeurs époussettent les bancs de pierre pour accueillir les premiers toreros européens.
"Le prêtre du torero" Ici, sur les lèvres des professionnels et des amateurs se promènent les souvenirs des plus beaux moments de cette temporada 2007. Et dans les esprits de tous, le fait marquant de cette saison, bouleversant : le retour de José Tomas. L'homme de Galapagar, banlieue de Madrid, avait disparu sans bruit en 2002 après trois saisons fascinantes et deux en déclin, qu'il ne supportait pas. "Le prêtre du torero", celui qui "ne bouge pas", celui qui ne semble pas sentir les cornes qui l'attrapent presque, dont les yeux absents regardent un ailleurs inaccessible à tout autre, le digne successeur de plusieurs générations de toreros a décidé de réapparaître. Car, "vivre sans toréer n'est pas vivre". Cette résurrection du 17 juin a rempli les arènes de Barcelone jusqu'au ciel. Du jamais vu en vingt ans dans une ville déclarée "antitaurine" en 2004. Les mouvements antitaurins, appuyés par les nationalistes catalans, semblaient sur le point d'obtenir un succès retentissant : la disparition pure et simple de la corrida et la transformation des arènes mudéjares de la Gran via en marché aux puces. Le retour de Tomas a tout changé. En relançant l'afición catalane, la passion taurine, il a redonné le sourire aux professionnels taurins. Les 16 places de toros où il a accepté de toréer cet été ont, elles aussi, affiché des pleins historiques. José Tomas déchaîne les passions, suscite des émotions uniques, tant sa manière de toréer, de planter les pieds dans le sable et de ne plus les bouger quoi qu'il arrive, est unique et fascinante. Beaucoup l'adorent. D'autres critiquent les choix de petits toros qu'il impose (tout de même autour de 500 kilos) et son absence des deux plus grandes arènes d'Espagne : Séville et Madrid. Son apoderado, son agent, le Catalan Salvador Boix, a affirmé qu'il discutait avec la direction des arènes de Madrid pour la San Isidro 2008, la feria la plus importante de l'année. Jacques Durand, le chroniqueur taurin de Libération, auteur de plusieurs livres dont un sur José Tomas, avait revêtu costume et cravate pour lui faire honneur dans les arènes de Nîmes, pour sa deuxième réapparition en France, le 16 septembre. Un honneur que Tomas lui a rendu en remportant trois trophées après deux démonstrations d'une autre dimension.
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