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Un vent glacé annonce l'arrivée anticipée de l'hiver dans la capitale anglaise. Mais à Londres, il y a toujours un lieu plus chaud qu'ailleurs. Pour fêter ses 25 ans, la Barbican Gallery donne à voir une exposition anniversaire : "Seduced : Art and Sex from Antiquity to Now" (Séduit(s) : L'art et le sexe de l'Antiquité à nos jours). Au programme : une promenade au milieu d'œuvres d'art explicitement érotiques.
En arrivant, les visiteurs tombent nez à nez avec une feuille de vigne... en plâtre. C'est la feuille utilisée sur le David de Michel-Ange, qui est exposé au Victoria & Albert Museum. Cette feuille fut fabriquée spécialement pour que la reine Victoria n'ait pas à rougir de la nudité du bel éphèbe. Après un passage par l'Antiquité et la Renaissance, le visiteur pourra faire un intéressant détour par la salle consacrée à l'art asiatique. Il pourra y observer des tableaux indiens représentant certains passages du Kama-Sutra décrivant les "postures correctes". Certains de nos contemporains les décriraient plutôt comme "impossibles". Suivent des estampes japonaises (XVIIe siècle) évoquant des rencontres sexuelles entre hommes et femmes, ou même entre une femme et un poulpe... Picasso et Andy Warhol L'arrivée de la photographie marque une rupture dans l'art érotique. Seduced propose une vidéo d'un artiste américain, Kingsley, qui regroupe des photos aux titres évocateurs : Homo Oral, Sadomasochisme, Cléricales... Plus loin, la salle surréaliste offre aux visiteurs un dessin de Aubrey Beardsley, dans lequel un homme exhibe un sexe bien plus grand que lui. En visite, Naomi commente : "C'est pas mal. Un peu sordide. Mais j'aime l'œuvre de Beardsley, que ce soit du sexe ou pas." Au deuxième étage, le visiteur a rendez-vous avec l'art du XXe siècle. On retrouve les œuvres d'artistes fameux comme Picasso avec La Douleur (1903), peu connue, représentant une rencontre sexuelle entre deux hommes. Andy Warhol est aussi présent avec Blowjob (1963), une vidéo de presque trois quarts d'heure, montrant le visage d'un homme auquel on fait une fellation. La réplique féminine vient de Buxley et de sa vidéo Requiem (2002) présentant les réactions d'une femme pendant un orgasme. Mais certaines œuvres choquent et poussent certains visiteurs à partir prématurément. C'est par exemple le cas d'une photo très crue de deux hommes ayant des relations sexuelles. Mais aussi celui des photos de l'artiste Nan Goldin. Ses images de couples nus, au lit avec des enfants, nus eux aussi, provoquent le malaise. En sortant de la Barbican Gallery, on en vient à se demander s'il y a une différence claire entre art érotique et pornographie.
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