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Nantes, France

ROUMANIE | Le fric, c’est chic

06/11/07 | Mihaela Carbunaru

Certains tziganes roumains mènent une vie de rois. La preuve à Buzescu, ville dorée au sud de la Roumanie.


Troy
Dijon France
Prince et Mendiant. En Roumanie, l'écart entre riches et pauvres se creuse dans toutes les strates de la population, Roms compris. Pour certains d'entre eux, fini l'époque de la migration, de la caravane abîmée par le soleil, le vent et la pluie. Ils se sont installés dans les banlieues des grandes villes ou bien dans des petits villages de province. L'or recouvre avec générosité les doigts bagués, les gros poignets, les cous et les dents.

"Une réplique de Las Vegas"

Au sud de la Roumanie, dans le département de Teleorman, il est impossible de ne pas être ébloui par les dorures d'un petit village qui se veut "une réplique de Las Vegas", comme le disent ses habitants. En arrivant d'Alexandria, Buzescu ressemble à une commune roumaine comme les autres : des maisons modestes et rustiques, des jardins bien soignés par des habitants plutôt âgés.

Mais ce cadre idyllique a ses limites. Dès que l'on dépasse la petite église orthodoxe située au milieu du village, on pénètre dans un autre monde. Sur la gauche, une grosse maison décorée de colonnes doriques lui fait concurrence. Le fronton est comme la carte de visite du propriétaire. On apprend ainsi que "le temple" appartient à Dan Finutzu (Dan, le fin). Et c'est là que commence le spectacle.

Roms bling bling

D'un côté et de l'autre de la route, des dizaines de maisons sont alignées, comme dans un musée en plein air. Les automobilistes qui traversent les lieux ralentissent pour prendre des photos.

Devant les "palais" montés sur deux, trois ou même quatre étages, les cours et les garages se transforment en véritables concessions de bolides de luxe. Car ici la richesse ne se cache pas. Au contraire, la réputation d'un Rom dépend surtout de sa fortune. Il n'est d'ailleurs pas rare de voir les Roms les plus riches revendiquer le titre de "roi de la communauté".

Sans parler des grandes soirées organisées par "sa majesté", à l'occasion desquelles le nabab serait prêt à sacrifier un troupeau de moutons pour satisfaire ses invités. À ces fêtes, s'ajoute le phénomène des "manélé". Cette musique d'un genre nouveau va de pair avec "les enfants merveilles". Dans les fêtes, ces gamins chantent pour des milliers d'euros. Autre nouveauté : les habitudes vestimentaires de ces "nouveaux Roms". Les longues robes bigarrées ne sont plus à la mode. Ceux qui reviennent de l'Ouest rapportent dans leurs valises des vêtements de grands couturiers français ou italiens.

Pourtant, l'opinion de la majorité de la population ne change pas. Même en se pliant aux affres de la modernité, les Roms doivent faire face à l'intolérance.

Mihaela Carbunaru
Strasbourg, France



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