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Une langue de vieux. On a beau être en Alsace, l'alsacien n'en est pas moins perçu comme un dialecte un peu obscur. À l'AJFE (Alsace-Junge fers Elsassische), basée à Strasbourg, on se bat contre cette idée. Et pour cela, une arme : l'organisation de cours d'alsacien. L'association souhaite faire redécouvrir la langue et lui donner une couleur plus "joyeuse et conviviale". Tout un programme. Ici, on arrive plutôt bien à lutter contre les préjugés, puisque le cours compte une vingtaine d'inscrits, de 25 ans en moyenne. Une Australienne aux stàmmtisch Fabrice est l'un de ceux-là. Cet étudiant alsacien a grandi en comprenant le dialecte, mais sans enseignement précis. Suivre ces cours est donc pour lui "une manière de retrouver quelque chose de la mémoire familiale", mais aussi un outil qu'il compte utiliser pour son futur métier auprès de personnes âgées. Cependant, la plupart des participants ne sont pas Alsaciens et souhaitent, comme Charmion, 23 ans et étudiante australienne à Strasbourg, "se rapprocher des gens, être au plus près de la population". Les profs d'alsacien ne se contentent pas d'apporter une langue aux participants : on leur montre une culture. Au programme du dernier cours avant le 25 décembre : Noël et les chansons de René Eglès. Et l'outil idéal pour enseigner la culture alsacienne, ce sont les stàmmtisch de l'association. Organisées tous les mois, ces réunions animées par des personnalités du monde alsacien attirent. "Les gens n'ont plus honte" Un monde en manque de reconnaissance. "La culture parisienne sans accent tend à s'imposer", explique le président Arnaud Serafyn. Pour lui, les quelques chaînes ou radios locales sont peu accessibles ou n'accordent qu'une petite place à la langue, malgré une forte demande. Et le président de l'association ne se gêne pas pour lancer une pique contre le gouvernement : "Il ne comprend pas qu'on puisse être français de cœur et pratiquer une autre langue." L'association se bat pour revaloriser l'alsacien et sa culture, et les responsables sentent déjà un changement. "Les gens n'ont plus honte de le parler, ils sont plus sensibilisés", se réjouit Bénédicte Keck, professeur d'alsacien. "Ça devient même chouette de parler alsacien, presque chic", ajoute le président, pas peu fier.
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