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Il peut paraître étrange qu'un conseil communal "de bourgade" prenne des allures d'événement politique majeur. C'est pourtant ce qui est arrivé le 22 octobre dernier, dans une des communes qui entourent Bruxelles. Le bourgmestre de la ville de Linkebeek, Damien Thiéry, a fait voter une motion-brûlot, pour proclamer son attachement unilatéral à la région bruxelloise.
Une motion votée en langue française, alors qu'il est normalement obligatoire de tenir les réunions communales en flamand. "Mes conseillers municipaux l'ont lue en français", précise Damien Thiéry. Linkebeek fait partie des communes de la périphérie bruxelloise, appelées "communes à facilités". Elles sont en territoire flamand, mais sont majoritairement peuplées de francophones (entre 80 et 90%). Ces "facilités" permettent l'accès à l'administration communale dans la langue de son choix, moyennant une procédure complexe. Droit de s'exprimer en français La motion précise notamment que si la scission de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, à laquelle appartient Linkebeek, devient réalité, la ville devra rejoindre la région bilingue de Bruxelles-Capitale. De plus, le bourgmestre a réclamé, pour les conseillers communaux, le droit de s'exprimer en français dans les conseils municipaux. Ces deux mesures s'accompagnent d'une question plus technique. La motion mise en cause réclame la validation de la nomination du bourgmestre de la ville, élu en octobre 2006. La région flamande, qui a autorité en la matière, sanctionne ainsi l'envoi de tracts électoraux en français pendant la campagne municipale. Deux communes se sont ralliées "Ce n'est donc en aucune manière une provocation mais une façon de rappeler le déni de démocratie à notre égard. Nous avons été élus démocratiquement en octobre 2006 et dirigeons nos communes selon les prescrits légaux, mais, depuis un an, on nous empêche d'exercer ces prérogatives", proteste Damien Thiéry dans la Libre Belgique, le grand quotidien belge de langue française. Les deux Flamands du conseil communal ont catégoriquement refusé de signer cette motion. Une initiative qui a fait mouche. Dans la même soirée, les bourgmestres de Wezembeek-Oppem et de Crainhem, deux autres "communes à facilités" de la périphérie bruxelloise, ont adopté la même motion. Au grand dam des manifestants flamingants venus en masse dans les trois communes. "Depuis lors, le ministre de l'Intérieur de la région flamande, qui selon moi est incompétent en la matière, a pris la décision de ne plus nous nommer", reprend Damien Thiéry. Cet événement risque d'avoir de fortes répercussions sur les négociations actuelles de la majorité orange bleue (socio-chrétiens et libéraux).
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