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Malgré les suspicions sur la conformité du vote, il est de plus en plus certain que les deux leaders de la révolution orange ont remporté plus de la moitié des scrutins, dimanche dernier. Si la formation du président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, n'arrive qu'en troisième position (15% des suffrages), Ioulia Timochenko, ex-égérie de la révolution orange de l'hiver 2004 mais écartée rapidement du pouvoir, tient sa revanche : elle remporte plus du tiers des voix. Une coalition des deux « orange » permettrait sans doute de mettre fin au mandat du premier Ministre prorusse Viktor Ianoukovitch, qui remporte de peu les élections avec 34,16%.
Trois ans après la révolution orange, les Ukrainiens paraissent déçus du manque de changement véritable dans leur vie quotidienne. La dernière coalition gouvernementale n'a pas mis fin à la corruption qui gangrène les institutions ; le chômage reste l'un des grands fléaux de la société ukrainienne. Le pays est divisé tant linguistiquement que politiquement : à l'ouest, les habitants, dont la langue maternelle est l'ukrainien, soutiennent massivement les leaders qui ont donné naissance à la révolution orange. A l'est, l'opinion publique, en majorité russophone, est culturellement plus proche de Moscou. Cependant, faut-il vraiment que les Ukrainiens « choisissent » entre une tutelle russe ou l'espoir d'une candidature à l'Union Européenne ? Ces clivages entre pro-occidentaux et prorusses témoignent aussi de la difficulté pour l'Ukraine à se forger une identité propre. Cristina, originaire de l'ouest de l'Ukraine et étudiante en Master 2 de Lettres Classiques à Strasbourg, se questionne : « Peut-être qu'une femme à la tête de l'Etat parviendra à faire changer les choses ? » Ce sera en tout cas un grand défi pour le parti de Ioulia Timoshenko de permettre à l'Ukraine de s'affirmer en tant qu'état souverain et indépendant. Reste que sa première bataille semble devoir se jouer devant les tribunaux, l'actuel premier ministre contestant les résultats des élections.
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