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Partout dans le monde, des étudiants font confiance à des superstitions pour briller le jour fatidique des examens. La Russie n'échappe pas à la règle. A Saint-Pétersbourg, les astuces sont nombreuses pour mettre la bonne fortune de son côté. Ainsi, sortir son bulletin de notes par la fenêtre et le secouer jusqu'à ce qu'il tombe dans la neige est une pratique courante. Mettre cinq kopeck sous son talon est également d'usage. C'est un vieux truc hérité de nos grand-mères. Se laver les cheveux la veille des examens est à proscrire pour certains. D'autres dorment avec leurs cours au chaud sur l'oreiller. Tous ces trucs sont caractéristiques de notre pays, mais qu'en est il pour nos étudiants étrangers ?
Ambo, étudiant somalien, raconte que, depuis qu'il est à l'école, il prépare la veille de ses examens une figurine humaine à partir de bananes vertes, le Couécoué. Le Couécoué passe d'abord la nuit allongé sur la pile des cours d'Ambo et le lendemain, il l'accompagne à l'examen. Ambo le pose sur sa table et, une fois les copies distribuées, lui demande de lui souffler les bonnes réponses. Lucide, Ambo est bien conscient que son Couécoué n'a jamais prononcé le moindre mot, mais il assure que sa présence le rassure et lui donne confiance. Le problème, pour Ambo, c'est qu'à Saint-Pétersbourg, il n'y a pas de bananes vertes. Futé, l'étudiant l'africain a trouver la solution en les remplaçant par des pommes de terre. Des gris-gris à gogo Nos collègues de Tunisie, pour leur part, recommandent de demander à sa mère, le matin de l'examen, de vider un seau d'eau sur le seuil de sa porte. La technique a intérêt d'être efficace parce que, pour peu qu'il fasse - 15°, c'est une mini-patinoire qui attendra l'étudiant à sa porte après les épreuves. Aux Etats-Unis, les étudiants croient aux vertus magiques de certains T Shirts ou de certains stylo. Dans sa liste de gris-gris, un étudiant américain a ajouté un ballon de base ball. Il paraît que ca marche du tonnerre... Les chinois, eux aussi, sont des champions de la superstition, à l'image de Syuy. Si l'examen tombe un 13 du mois, cet étudiant renonce a réviser et sombre dans un fatalisme complet que ses résultats ne manquent jamais de justifier. "Pour tirer un bon sujet, il faut entrer dans l'auditorium le 4ème" assure-t-il. "Parfois, c'est une véritable guerre entre les étudiants pour hériter de ce privilège". Ing, elle, raconte ceci : "Il y a longtemps, ma soeur m'a parlé d'une superstition. Si l'on entre dans l'auditorium par le même pied que le prof, une bonne note est assurée. J'ai suivi son conseil, et je dois dire que je n'ai jamais été déçue". Stéphane, étudiant suisse, met un bémol a cette course effrénée à la chance : "Mes amis Russes sont amateurs de superstition mais moi, je n'espère rien de quelque symbole que ce soit. Ce n'est pas ca qui me donnera des connaissances nouvelles. Chez nous, en Suisse, on compte sur les révisions et rien d'autre". Ce genre de croyance exclusive en un travail acharné n'est pas de rigueur en Russie. Ici, il n'est pas concevable de tout réviser. Les Russes cherchent toujours à obtenir le plus possible en en faisant le moins possible. Et pour ca, les superstitions, sont un bon truc.
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