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Nantes, France

FRANCE | Malaise chez les étudiants danois

06/12/04 | Morten Olsen

La dépression guette l’étudiant danois. Edith Dahl, psychologue à l’université Southern Danemark (SDU), l’affrirme : “Quelque chose a vraiment changé dans les cinq, six dernières années”.

Rien que l'an passé, les demandes de suivi psychologique chez les étudiants ont augmenté de 30% dans le sud du pays.

Baisse de la solidarité

Certes, consulter un psychologue est une démarche de moins en moins tabou. Mais Edith Dahl assure que les étudiants qui la consultent sont en général en proie à des difficultés bien réels.

Elle observe, dans son travail, l'apparition de problèmes d'un nouveau genre. "L'esprit de solidarité des années 60 a disparu" déplore la psychologue. "A cette époque, il existait une solidarité quasi automatique entre les membres de la génération " Flower Power "."

Aujourd'hui, les étudiants se sentent de plus en plus seuls et se battent pour affirmer leur identité dans une société toujours plus individualiste. "Qu'on se regarde en face, qu'on jette un coup d'oeil au miroir et qu'on se demande : Qu'est ce qui ne va pas ? Est-ce que moi aussi, je rentre dans cet esprit là ?" ajoute Edith Dahl, soucieuse de faire réagir les étudiants.

Hausse de l'individualisme

Quand les étudiants commencent un parcours universitaire, ils doivent souvent aller vivre dans une nouvelle ville, loin de leur famille et de leurs amis. Cette période est souvent délicate à appréhender.

Ecclésiastique à l'université, Jens Buchwald Andersen pense que beaucoup d'étudiants ne sont pas préparés à ces changements lors de leur arrivée. "L'université demande d'être capable de gérer à la fois la vie étudiante et la vie privée" remarque-t-il. "Beaucoup ne sont pas près à cela. Il existe un grand nombre d'étudiants avec un très haut niveau d'étude mais une très basse estime de soi." L'autre moment propice à la dépression correspond pour les étudiants à la fin du parcours universitaire. Le moment où ils doivent entrer dans la vie active et prouver leurs connaissances aux autres et à eux-mêmes est souvent délicat à assumer.

Parallèlement à ces anxiétés, les étudiants sont de plus en plus nombreux à succomber à l'individualisme, notamment ceux qui ont été formés à un travail précis comme journaliste, médecin ou avocat. Beaucoup se sentent comme coincés à jamais dans un port sans phare où le ministère les a placés. Pour Jens Buchwald Andersen, une solution serait de créer des coopérations, des organisations étudiantes en réaction à ces problèmes. "Les étudiants devraient combiner leurs forces" martèle avec une naïveté touchante le jeune croyant. Des initiatives de cet ordre ont déjà vu le jour. Des élus étudiants, des responsables d'associations et des partenaires extérieurs se réunissent tous les 6 mois au SDU pour parler des problèmes. Pour Edith Dahl, toutes ces bonnes intentions ne suffisent pas. Pour elle, les étudiants doivent être aidés socialement. "Aller à l'université, ce n'est pas se contenter de se remplir la tête de connaissances. Etre étudiant, c'est aussi se faire un procès individuel".

Morten Olsen
Kabul, Afghanistan