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Les Géorgiens ont été appelés aux urnes samedi 5 janvier pour élire leur nouveau chef d'Etat. Mikhaïl Saakachvili a été réélu dès le premier tour de l'élection présidentielle. Le président sortant aurait obtenu près de 52,8% des voix contre 27 % à Levan Gatchetchiladze, candidat de l'union d'opposition. Le taux de participation a été de 56,7 %. L'opposition dénonce une fraude électorale. Un rassemblement a été organisé à Tbilissi le samedi à 14h (10h GMT). La mission d'observation de l'OSCE, malgré quelques réserves, a validé les résultats. Le leader pro-occidental, héros de la révolution des Roses, est au pouvoir depuis 2003. En novembre dernier, il avait dû faire face à de nombreuses manifestations, qui l'avaient conduit à organiser ce scrutin anticipé. Clotilde Tonnerre, Strasbourg France Les Révolutions colorées semblent avoir du plomb dans l’aile
Mikhaïl Saakachvili fait face à des difficultés qui ressemblent à celles rencontrées par son voisin ukrainien. En novembre 2003 éclate en Géorgie la Révolution des Roses, suite à la révélation de fraudes lors de l’élection parlementaire. Edouard Chevardnadze, chef de l’Etat depuis 1995, démissionne sous la pression de la rue et laisse la place au leader de l’opposition, Mikhaïl Saakachvili. En janvier 2004, il triomphe lors de l’élection présidentielle, avec 97% des voix.Il souhaite non seulement entamer la transition économique, - passage à l’économie de marché - mais promet aussi d’arracher les liens qui retiennent son pays à la Russie. En effet, Moscou a conservé de nombreux intérêts économiques et a maintenu une présence militaire dans cette ancienne république de l’URSS du Caucase, haut lieu stratégique et pétrolier. Il ne cache pas non plus son intention de se rapprocher des Etats-Unis et de l’Union Européenne, et même d’intégrer l’OTAN. Ce projet a été voté à l’unanimité par le parlement en mars 2007. Il dénonce également la main mise russe dans les républiques séparatistes d’Abkhazie et d’Ossétie du sud pour maintenir la pression. La Révolution Orange de décembre 2004 en Ukraine, dans le même contexte que la Révolution des Roses, le conforte dans ses positions. Avec Viktor Iouchtchenko, il pense quitter la CEI, créée à l’initiative de la Russie pour la mise en place d’une union économique entre états de l’ex-URSS. Ensemble, ils relancent le GUAM (Géorgie Ukraine Azerbaïdjan Moldavie), laissé lettre morte depuis sa fondation en 1996, pour une coopération en matière énergétique et le projet d’un oléoduc de Bakou (Azerbaïdjan) à Ceyhan (Turquie) passant par Tbilissi, donc pas par la Russie. Surveillés de près par Vladimir Poutine Or, depuis, les révolutions « colorées » des pays issus de l’éclatement de l’URSS semblent avoir du plomb dans l’aile face à la volonté affichée de Vladimir Poutine de restaurer la puissance de la Russie, passant par le contrôle de l’« étranger proche » : éphémère Révolution des Tulipes au Kirghizistan en 2005, échec de la Révolution « Jean » au Belarus en 2006, instabilité politique et frustrations en Ukraine. La Géorgie n’est évidemment pas épargnée ; cela commence comme en Ukraine, par l’utilisation de l’arme du gaz et la suspension des livraisons en mars 2006. Puis elle instaure un embargo sur ses importations de vins et d’eaux minérales géorgiens, éléments majeurs de l’économie. L’arrestation d’officiers russes accusés d’espionnage en septembre 2006 provoque la colère de Vladimir Poutine, qui décide un blocus total de la Géorgie. Entre temps, la population accumule les difficultés de la vie quotidienne. La contestation atteint son sommet en novembre 2007 ; le 2, 50 000 personnes réclament la démission de Mikhaïl Saakachvili à Tbilissi et le 7, des heurts éclatent. Il décrète alors l’état d’urgence et annonce des élections présidentielles anticipées pour le 5 janvier 2008.Des législatives en mars 2008 L’opposition est remontée mais divisée, laissant Mikhaïl Saakachvili l’emporter avec 52% des voix dès le premier tour. Ne reconnaissant pas le résultat, elle organise des manifestations, d’abord de faible ampleur, mais la mobilisation devient massive le 13 janvier, et raisonne déjà comme un avertissement en vue des élections législatives de mars 2008.
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