DOSSIERS ![]()
Guerre au Caucase : enjeux énergetiques et liberté d'express... Liberté dexpression, stratégies énergétiques, etc.... ![]()
De la reconqête de lespace public sous toutes ses ... ![]()
![]() Dominique Moïsi : "Le président tchèque ne changera pas d'avis" sur le traité de ... ![]() M. Frassoni: l’UE a besoin que la bataille des élections européennes de 2009 soit «âpre» ![]() L’absence de condamnation de l’AKP laisse intactes les aspirations d’adhésion de la Turquie ![]() Sauvetage du traité de Lisbonne : l’Irlande souhaiterait garder un commissaire ![]() Commerce mondial: l'échec des négociations marque-t-il la fin de la partie? ![]() |
Confessons volontiers qu'il est surprenant, voire absurde, que le défaut de paiement sur le marché immobilier de quelques ménages modestes et surendettés du Sud des États-Unis ait pu créer une vague de panique et de défiance qui a contaminé les marchés financiers et bancaires mondiaux, alimenté des spéculations indécises sur les perspectives de croissance européenne, et envenimé les querelles politiques sur le rôle des banques centrales. Il est encore malheureusement impossible de dresser un bilan exact des conséquences de la crise financière qui a éclaté en août ; on s'en tiendra à relater que les États-Unis sont pour l'instant plus touchés que l'Europe en termes de pertes d'emploi et de faillites d'entreprises, mais que le Vieux continent connaît lui aussi son lot de grandes banques qui annoncent des résultats plus mauvais que prévus et ferment certains fonds d'investissement. Mais en réalité, le simple fait de ne pouvoir aujourd'hui tirer des conclusions radicales de cette crise est déjà une bonne nouvelle : nous ne sommes pas en 1929, la crise ne révèle pas un dysfonctionnement total de l'économie mondiale, la contagion ne fait pas éclater une à une des bulles complètement artificielles sur l'ensemble des marchés, et les Banques Centrales ont su réagir de manière intelligente et minimale pour éviter une coupe nette du crédit qui aurait entraîné un inévitable et dommageable ralentissement de l'économie. Les marchés vont subir des pertes et réévaluer le risque, ce qui est une bonne chose. Gardons-nous pour autant de faire de cette lueur d'espoir une apologie de l'auto-régulation de la finance mondiale. Cette crise soulève de sérieuses questions sur la manière dont on entend aujourd'hui faire face à la mondialisation et à la complexification de la finance, et révèle particulièrement l'impuissance et les contradictions flagrantes de l'Union européenne dans ce domaine. Si tout le monde aujourd'hui a pu constater l'immense opacité qui règne sur les marchés et entraîne une impossible évaluation juste du risque et de la facilité de fraudes, il est illusoire de lancer de vains appels à la transparence et à la vertu, sans même donner les moyens aux instances gouvernementales de surveiller et d'agir sur cette opacité. A cet égard, il est aberrant d'entendre actuellement des leçons de ceux qui refusaient de partager les préoccupations exprimées par l'Allemagne pendant le G8. Enfin, si l'injection de liquidité par la BCE a cette fois suffi pour relancer la machine, rien n'est prévu au niveau européen si une banque active dans toute la zone euro subit une importante faillite : impossible de savoir qui interviendra pour la renflouer. On se contente pour l'instant de boucher les trous un à un avec des mesures traditionnelles, comme si on croyait encore à la possibilité d'un repli national en cas de danger plus important. Les structures actuelles de la finance rendent pourtant ce dernier impossible.
|
|||||||||||||||||