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« Tout le monde est plus au moins au courant, mais les jeunes Bruxellois n'en parlent pas. » Au Toone, un café-théâtre du centre ville de la capitale belge, Noémie et Aurélie ne sont pas très prolixes sur la crise politique qui secoue le pays. Elles en ont entendu parler à la télévision, à la radio ou dans les journaux... français. Et si le sujet n'est pas sur toutes les lèvres dans la capitale, c'est que celle-ci a un statut spécial dans le royaume. Bruxelles est une enclave, une capitale d'un million d'habitants perdue dans une Belgique au bord du divorce linguistique.
Bruxelles est-elle belge ? Historiquement flamande, comme le rappelle son architecture, la ville est devenue francophone au fil du temps. Au coin des rues, les noms des artères sont inscrits dans les deux langues. Même si, au quotiden, le français est la langue parlée par environ 80% des habitants de la ville et de l'agglomération. Et s'il n'y avait pas les "septantes" (70) et autres "nonantes" (90), au moment de régler l'addition, on pourrait se demander où situer exactement cette ville sur une carte. C'est que dans les rues de Bruxelles ou des communes avoisinantes de Schaerbeek, Etterbeek ou Molenbeek, on entend autant de discussions en français qu'en arabe ou en turc. Sans compter qu'avec ses 120 institutions internationales, ses 159 ambassades et plus de 2 500 diplomates, Bruxelles est le deuxième centre de relations diplomatiques au monde, derrière New York. Alors la guéguerre entre francophones et néerlandophones... Le ciment bruxellois. Reste que les Flamands ne l'entendent pas de cette oreille. Le 2 septembre dernier, des milliers de cyclistes venus de toute la Flandre ont déambulé autour de la banlieue verte de Bruxelles pour affirmer le "caractère flamand" de ce petit coin disputé de Belgique. De leur côté, en cas de séparation, les Wallons espérent jouer sur la francophonie de la ville pour la rattacher à leur région grâce à un mince couloir de terre. Alors que faire de la capitale si le divorce est consommé entre Wallons et Flamands ? La question ne se pose même pas pour les jeunes Bruxellois. « Sans la capitale, la Wallonie et la Flandre ne peuvent pas exister, la ville est un trait d'union belge. C'est Bruxelles qui fait que le pays ne se séparera pas », affirme Ben en sirotant sa bière flamande.
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