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« Aucun modèle n'est transposable en tant que tel », affirme d'emblée Marie Arena, ministre présidente du gouvernement de la Communauté française de Belgique, en expliquant quelques éléments clés du fédéralisme belge. Celui-ci ne tient pas uniquement compte des zones géographiques (Wallonie, Flandres et Bruxelles), mais aussi des groupes linguistiques. D'où l'existence de son poste de présidente d'un exécutif représentant tous les francophones de Belgique, peu importe leur région de résidence. Mais là n'est pas la seule originalité du modèle belge "très particulier", selon Alain Gagnon, professeur de Sciences politiques à l'UQAM (Université du Quebec à Montréal), qui animait la table ronde. « Les Belges ont implanté la formule défendue par Paul Gérin-Lajoie en 1965, selon laquelle le Québec aurait le pouvoir de signer des conventions internationales dans le champ de ses compétences. Les francophones et néerlandophones de Belgique ont ce pouvoir. Ce serait une façon d'enrichir notre démocratie ici », pense-t-il. Les situations basques, catalanes et écossaises diffèrent de celle de la fédération de Belgique du fait qu'elles sont des régions à l'intérieur de pays centralisés. Elles ont tout de même certains pouvoirs que le Québec ne possède pas et pourrait revendiquer pour accroître son autonomie. Par exemple, « même s'il a de la difficulté à être reconnu comme nation, le pays basque perçoit l'ensemble de ses impôts », explique Miren Azkarate, ministre de la culture du gouvernement autonome basque. « Le Pays basque répond à ses obligations de solidarité sociale en payant des quotes-parts à l'Espagne. Ce pourrait être une façon pour le Québec d'augmenter son autonomie fiscale et peut-être de régler le déséquilibre fiscal avec le fédéral ! », estime M. Gagnon. Pour George Reid, ex-député du Parti nationaliste écossais au Parlement d'Édimbourg, autonomie rime avec souveraineté totale. « À quoi sert l'indépendance ? La réponse écossaise est : construire une société où les gens sont bien dans leur peau et capables de faire leur place sur le marché mondial », estime l'homme politique. Le parti nationaliste écossais est le parti qui a obtenu le plus grand nombre de sièges lors des élections de mai 2007, mais il ne dispose pas de la majorité requise pour la tenue d'un référendum sur l'indépendance. Élément frappant, en Belgique néerlandophone comme en Catalogne, Pays Basque et Écosse, les nations en quête de plus d'autonomie jouissent d'une plus grande prospérité économique que le reste du pays. L'argent exacerberait-il les aspirations à l'indépendance ? « En fin de compte, toute politique est menée par l'argent, admet M. Reid. Le nationalisme fleurit là où les peuples ont confiance en eux ». « Mais il ne faut pas tomber dans le piège du riche qui veut se distancer du pauvre pour accroître sa propre richesse, prévient Mme Arena, la quête d'autonomie ne doit pas être un cache-sexe de l'égoïsme et du repli sur soi. » >> article publié sur www.apetudiante.info
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