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Vous connaissez sans doute Facebook, un site internet destiné à entretenir des liens sociaux, à partager des photos ou des hobbies avec vos amis. Imaginez sa parodie : elle s'appelle Hatebook. Cette nouvelle trouvaille, pleine d'ironie et de dérision, rend, il faut bien l'avouer, la communication très basique : elle permet aux membres de "haïr gratuitement", c'est-à-dire de se défouler les uns sur les autres sans vraiment se connaître, tout en cachant, bien souvent, sa vraie identité. Une fois inscrit en ligne, votre profil apparaît, sur un fond rouge vif qui se veut diabolique. On vous invite à choisir les personnes et objets que vous souhaiteriez haïr, ainsi que les moyens pour ce faire : injures, menaces, rendez-vous maléfiques... À chacun de donner libre cours à son imagination et à son sens de l'humour. Gare à vous, si par mégarde, vous oubliez votre mot de passe de connexion, on vous traitera de "sale con". Alors, le site jouerait-il sur les vices sadomasochistes des internautes ? Ce qui est sûr, c'est que Hatebook cherche à attiser le voyeurisme de ses membres. Violaine, nouvellement inscrite et peu convaincue par le concept, souligne que "contrairement à Facebook, celui qui regarde le profil de ses ennemis dans Hatebook est dénoncé et insulté de tous les noms, mais en même temps incité à le faire". Car il est bien connu qu'il faut connaître ses ennemis pour pouvoir les haïr. Des pays d'ennemis Hatebook propose aussi une passerelle vers le monde réel, si par hasard nous avions tout à coup envie de rencontrer le sujet ou la cause de notre haine. La "carte diabolique", un planisphère en ligne, permet de situer le lieu de résidence des personnes inscrites. Et là, on se rend compte que l'Europe est un continent très hatebookophile, et que les plus friands de ce nouveau concept sont nos amis, ou plutôt nos ennemis, d'Espagne et d'Italie.
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