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Il est membre de notre centre de formation [...] Nous engageons chaque année une quarantaine de recrues de son âge et décidons ensuite de résilier leurs contrats ou de les garder." C'est en ces termes qu'un porte-parole de Manchester United éludait au mois d'août dernier les questions autour du recrutement de Rhain Davis, un prodige australien de neuf ans, recruté sur DVD par le club mancunien et déjà considéré par certains comme le "futur Wayne Rooney". Neuf ans, et déjà l'on parle de contrats, de Premier League, et d'objectifs de performance. Une situation habituelle dans un monde où la loi du plus fort est une règle unique. Ainsi, des joueurs d'une dizaine d'années sont soumis à un entraînement déjà quotidien, et malgré les efforts des instances pour promouvoir leur éducation, elle n'est que trop rarement la priorité des clubs... L'illusion est la règle Pourtant, tous ne deviendront pas des Zidane ou des Gerrard... En vérité, dans un centre de formation-type, seuls deux ou trois membres d'une classe d'âge feront un jour leurs premiers pas sur la scène professionnelle, et l'on ne parle pas de premiers rôles. Les autres pourront se chercher un destin au-delà des pelouses. Les meilleurs partent chercher la bonne fortune à l'étranger. Parfois avec succès. En 1998, Mickaël Silvestre quitte le club de Rennes avec son coéquipier Ousmane Dabo, et rejoint l'Inter de Milan. Le départ du joueur, qui n'est même pas encore passé professionnel en Bretagne, entraîne une bataille judiciaire de près de deux ans (1). Depuis, Silvestre s'est fait une place à Manchester United et en équipe de France. Son compère a eu moins de chance et se contente de bouts de matchs dans des équipes de deuxième catégorie. Nombreux sont les exemples de destins sportifs tronqués, dans un monde où l'illusion est la règle. Depuis le fameux arrêt Bosman, qui permet aux clubs de recruter un nombre illimité de joueurs européens dans leurs rangs, les instances sportives tentent de protéger les plus jeunes d'un monde où la pitié n'est pas une option. Des accords de Bamako (2002), régulant le recrutement des jeunes joueurs africains, aux lois sans cesse remaniées des organes sportifs européens, chacun se rend compte de la gravité d'une situation devenue incontrôlable et qui déteint sur d'autres sports. Mais allez faire comprendre à un gamin que l'argent qu'on lui promet pour réaliser son rêve n'est qu'un cadeau empoisonné... (1) À l'époque, la procédure a abouti à l'indemnisation du club formateur par le club recruteur. Depuis, le jugement fait jurisprudence en Europe. L'arrêt Bosman Jean-Marc Bosman, footballeur belge. Méconnu pour ses qualités sportives mais célèbre pour avoir fait plier l'UEFA devant la Cour de Justice des Communautés européennes.
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