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Depuis la chute du bloc soviétique, la République tchèque a réussi le challenge du développement économique. Mais au prix de quelques sacrifices, et on s'en aperçoit aujourd'hui dans le secteur culturel. À l'époque du régime communiste, les films d'animation prenaient une part importante de la production cinématographique. Ils étaient très peu censurés et bénéficiaient d'un financement étatique total. Le cinéma d'animation tchèque était alors présenté comme une alternative aux Disney. De grands noms, tels que Karel Zeman (Le Baron de Munchausen en 1961) ou Jan Svankmajer (Lunacy en 2005) ont donc pu émerger et marquer la culture tchèque de leurs empreintes artistiques. Aujourd'hui, le film d'animation tchèque n'est plus qu'un cliché. Bien que le pays dispose encore du studio de film Bata à Zlin, toujours réputé pour ses films d'animation, il ne produit que très peu de films par an. D'ailleurs, le cinéma n'est plus une priorité du gouvernement (dirigé depuis le 9 janvier par le conservateur Mirek Topolanek, ndlr). Le parlement a été l'objet d'un débat animé entre la gauche modérée et la droite ultralibérale. En jeu : la question des subventions à la production et à l'importation cinématographiques. L'argument des ultralibéraux est désopilant : « ils comparent la production cinématographique aux commerces du pain, des chaussures ou même des boites en carton » me rapporte M. Kuhn (spécialiste de sciences politiques), alors que la gauche avance l'argument culturel... La droite étant au pouvoir, le débat est bloqué. Les institutions telles que le Fonds public pour le soutien et le développement de la cinématographie, le Centre du film tchèque, ou encore les programmes d'aide de l'UE ont bien du mal à être efficaces dans un Etat où l'économie de marché prime actuellement sur la vie culturelle.
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