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France 24 est bel et bien née, mais on ne peut pas dire que l'accouchement fut sans douleur... S'il y a un art dans lequel Jacques Chirac s'est fait une spécialité (en dehors des Arts premiers !), c'est bien la maïeutique. La chaîne d'information internationale french touch, c'est son bébé. Dès 1987, celui qui n'était alors « que » premier ministre lançait un appel pour la création d'un avatar qui, il faut le dire, ne manquait pas de sens. La première guerre d'Irak a montré à quel point l'info était un enjeu global et que laisser ce nouveau jardin à la seule CNN n'était pas un gage d'objectivité redoutable. La suite des événements a confirmé qu'en ce domaine, l'univocité (surtout lorsqu'elle émane des USA) pouvait vite être une arme de désinformation massive. Dans ce contexte mondialisé où tout se sait en temps réel sur n'importe quel fuseau horaire, un pays qui a vocation à faire porter sa voix se devait d'être doté d'un instrument adéquat. C'est aujourd'hui chose faite, mais ça n'a pas été sans mal. Ce vieux serpent de mer a donc débouché sur la création d'une chaîne à la base improbable : France Télévision et TF1. À l'origine, elle devait être pilotée par le réseau des opérateurs publics qui ont déjà montré compétence et savoir-faire : France Télévisions, AFP, RFI et TV5. Logique et de bon aloi. Sauf que l'Élysée en a décidé autrement et a imposé la présence de l'opérateur privé dans l'équipe. Comme la nouvelle-née est entièrement financée par l'État, le problème éthique est évident... mais secondaire pour les décideurs. Le directeur général délégué à l'information, Gérard Saint-Paul (ex-Arte) entend mener à bien sa mission et faire porter la voix des journalistes français aux quatre coins du monde. Bien qu'exprimant haut et fort que France 24 exportera un regard français et pas la voix de la France, il sait bien que c'est sur pièce que le public jugera. Wait and see, comme on dirait sur CNN...
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